La Birmanie : prochaine base djihadiste de Daech en Asie du Sud-Est...

La Birmanie : prochaine base djihadiste de Daech en Asie du Sud-Est ?

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Le plan d’élimination de Daech, lancé par Donald Trump, a déjà commencé à Mossoul et à Raqqa. Toutefois, les soldats de l’EI qui se comptent par milliers ne se contenteront probablement pas d’une défaite, ils chercheront à s’établir sur d’autres territoires, la Birmanie pourrait constituer une terre de choix.
En effet, la région du sud-est asiatique compte bien plus de musulmans que dans tout le monde arabe.

Présence active de Daech en Asie sud-est
Récemment, les attentats proclamés par des partisans de Daech dans cette partie du monde n’ont cessé de se multiplier après que sa présence n’était limitée qu’à la province orientale de Nangarhar, à la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan. L’embuscade du 8 février 2017 menée contre un convoi de Comité International de la Croix Rouge (CICR), (qui a fait 6 morts et deux pris en otage) ne pourrait que l’affirmer. L’EI contrôle désormais une partie de la povince de Jowzian tout en comptant sur les ex-partisans du MIO (Mouvement Islamique d’Ouzbékistan). Rappelons d’ailleurs que l’auteur de l’attentant du Nouvel An à Istanbul était de nationalité ouzbek, entrainé par Daech en Afghanistan.
Au Pakistan, la présence terroriste de Daech se fait progressivement remarquée, notamment par l’attentat du 16 février 2017 dans un sanctuaire soufi de Sindh, qui a fait au total plus de 75 victimes. Aussi, plus d’un millier d’asiatiques sont partis en Syrie rejoindre les rangs de Daech dont trois groupes jihadistes de l’île philippine de Mindanao ayant prêté allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi au tout début de l’année dernière. La même année, trois attentats ont secoué la région, à Jakarta le 14 janvier, à Kuala Lumpur le 28 juin et à Solo sur l’île de Java le 5 juillet. L’activité de Daech s’intensifie clairement.

Le massacre des Rohingyas, opportunité d’implantation pour Daech ?
Cette population s’élève à 1.3 millions d’habitants que leur implantation depuis le Bengladesh remonte au XIXème siècle, en étant encouragée par le colonisateur britannique.
Par ailleurs, ils constituent le tiers des habitants d’Arakan. Les droits de cette communauté musulmane sont catégoriquement niés par les autorités birmanes, ils ne peuvent avoir la nationalité ni être propriétaires. Le clergé bouddhiste du Ma Ba Tha mène de véritables purges contre les Rohingyas soutenu en ses manœuvres par l’armée. Le 9 octobre 2016, l’attaque d’un poste frontalier par un groupe Yakin a déclenché une vague de répression sans précédent. Des sources fiables rapportent le massacre de plus d’un millier de civils de la communauté musulmane et la fuite vers le Bengladesh de dizaines de milliers d’autres.

Le flux de ces réfugiés a commencé depuis 2012, ils sont désormais interdis de retourner en Birmanie. Le 29 janvier 2017, l’assassinat jamais élucidé du conseiller musulman du premier ministre birman, a prouvé la fragilité de l’Etat face à l’armée.
Ces faits ont encouragé Abou Bakr Al-Baghdadi, depuis juillet 2014 (date de sa proclamation en tant que Califat) à appeler ses « frères en Birmanie » à se mobiliser tout en condamnant le génocide des Rohingyas. Même si un lien direct entre les Yakin et Daech n’a pas été prouvé, la présence de Daech en Asie sud-est et au Bangladesh (attaque du 1er juillet 2016 dans un resto de Dacca : 20 victimes dont 18 étrangers) est désormais un fait.
Depuis peu, la question de la communauté des Rohingyas a commencé à être internationalisée par Aung Sang Suu Kyi et Kofi Annan, l’ancien secrétaire général de l’ONU. Les deux prix Nobel de la paix tentent à la tête d’une commission consultative d’assurer la médiation et de trouver un consensus. La présence de Daech dans la région pourrait cependant s’avérer plus importante que prévu et mettre fin aux tentatives de paix.

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