La crise libyenne : quand les pays limitrophes coordonnent leurs efforts

La crise libyenne : quand les pays limitrophes coordonnent leurs efforts

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Le 19 février 2017, sur l’initiative du président tunisien Béji Caied Essebsi, une rencontre maghrébine a eu lieu à Tunis réunissant les ministres des Affaires Etrangères tunisien Khmaies Jhinaoui, égyptien, Sameh Choukri ainsi que le ministre algérien des Affaires Maghrébines, de l’Union Africaine et de la Ligue des Etat Arabes Abdelkader Msahel.

L’intérêt de l’initiative

La rencontre a eu pour but de faire un premier pas vers la coordination des efforts, menés jusqu’au là de chaque partie séparément, afin de trouver une issue politique et pacifique favorable à la Libye. Toute l’importance de cette réunion réside d’ailleurs dans son aspect international réunissant les pays frontaliers à la Libye et qui ont un intérêt commun en le retour de stabilité sur le territoire vaste et riche de leur voisin. Il est d’ailleurs inutile de rappeler le double enjeu économique-sécuritaire de la Tunisie, de l’Algérie et de l’Egypte en relation avec la situation en Libye.

La création d’un tel réseau entre ces pays du nord de l’Afrique pourrait d’ailleurs  donner un nouveau souffle aux négociations entre les belligérants libyens tout en conférant une valeur réelle quant aux précédentes initiatives que le manque de consistance a fait échouer.

Historique des médiations

Rappelons à ce niveau tous les meetings qui ont eu lieu à Tunis entre des dirigeants libyens depuis la Révolution, en particulier sur l’invitation des Nations Unies. Même fait à constaté en Algérie qui a abrité des rencontres entre les différents protagonistes libyens, sans succès. Quant à l’Egypte, sa plus récente tentative de résoudre la crise libyenne remonte à la semaine dernière, au moment où Al-Sissi a essayé de réunir autour de la même table le PM du gouvernement d’Entente Nationale Faiez Al Sarraj, le chef de l’Armée Nationale libyenne à l’est (qui contrôle les terminaux pétroliers) Khalifa Haftar et enfin le Président du Parlement Aguila Saleh.

Cette dernière médiation a échoué comme celles qui l’ont précédé, notamment à cause du manque d’engagement des parties réunies ou leur tendance à vouloir résoudre leurs différents par le langage des armes.

Déroulement de la rencontre et ses perspectives

Concernant le déroulement de la rencontre, elle a d’abord permis via un rapport, le dévoilement des efforts de chaque pays participant à la résolution de la crise libyenne. Ensuite, l’annonce d’un sommet tripartite qui aura lieu en Alger et qui réunira les trois « présidents » de la Libye. Enfin, la mise au point d’un calendrier à suivre, afin d’assurer la continuité du dialogue libyo-libyen et son aboutissement à une issue politique.

Le rôle entrepris par la Tunisie est crucial dans cette médiation. En effet, étant la seule démocratie de la région où cohabitent des partis d’horizons différents, elle est le seul pays limitrophe à pouvoir conférer un exemple à suivre à la Libye déchirée entre conservateurs islamistes, Khadafistes et militaires libéraux. Sa transition pacifique qui a évité un bain de sang ne pourrait que constituer un espoir dans la région et la preuve concrète qu’un dépassement des conflits liés au pouvoir est possible. Toutefois, la volonté de la Tunisie à élargir l’initiative et combiner les efforts de tous les pays voisins de la Libye ne pourrait que davantage inciter les dirigeants en guerre à opter pour le dialogue.

Notons enfin que ce premier pas tend à réactiver l’accord de Skhirat signé en décembre 2015 sous l’égide de l’ONU et qu’il est le fruit de nombreuses manœuvres diplomatiques menées entre la Tunisie, l’Algérie et l’Egypte.

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