LA DIPLOMATIE TUNISIENNE DANS UN MONDE MULTIPOLAIRE

LA DIPLOMATIE TUNISIENNE DANS UN MONDE MULTIPOLAIRE

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Parmi les nombreux défis auxquels la Tunisie a eu à faire face depuis sa révolution, celui de s’adapter aux nouvelles mutations que les relations internationales connaissent, a été le moins discuté ,vu qu’il n’a pas eu au cours des premières années, du moins en apparence, un impact direct sur la vie du citoyen. Le positionnement politique interne, les querelles partisanes et les problèmes de société ont, en effet, occulté le débat de politique étrangère laissant libre cours aux différents gouvernements qui se sont succédé ainsi qu’au sommet de la pyramide de répondre, chacun selon sa propre vision, voire sa propre idéologie, à ce défi. Ainsi a-t- on vu d’aucuns considérer les mouvements populaires ayant traversé certains pays arabes comme les prémices d’un raz de marée régional, voire mondial, qu’il faut entretenir et appuyer au nom d’on ne sait quelle « internationale des droits de l’Homme »ou de « révolution démocratique ». D’autres ont cru y détecter la réalisation d’un rêve d’ordre mystique pour le rétablissement d’un système politique et religieux révolu partant de la zone arabo- musulmane pour s’étendre aussi loin que possible dans le monde. D’autres, enfin, ont appréhendé les relations internationales courantes à la façon des premières décennies de l’indépendance où les lignes de démarcation étaient claires et bien définies.
Les évènements ayant touché au cours des dernières années aussi bien la Tunisie que notre région et le monde devraient nous amener à conclure que notre environnement extérieur actuel n’est ni propice à la révolution perpétuelle ni ouvert à une reconquête du monde au nom d’une religion donnée ni enfin au retour pur et simple aux alignements d’antan. Les mutations en cours prennent des voies à la fois plus naturelles et plus complexes et notre diplomatie est appelée aujourd’hui à en faire une lecture correcte afin de faire profiter notre pays des opportunités qu’elles recèlent et lui faire éviter les écueils qu’elles annoncent.
Les mutations dont il s’agit ont un cadre, celui de leur dimension multipolaire, et ont des acteurs principaux, à savoir les deux puissances autrefois dominantes récemment rejointes par une poignée de puissances régionales qui sont parvenues par leur intelligence et leur labeur à se hisser au niveau des puissances globales. Les Etats-Unis d’Amérique, après avoir remporté la victoire dans le conflit bipolaire ayant suivi la deuxième guerre mondiale, avaient certes tenté de prendre seuls les rênes du pouvoir dan le monde par une approche outrageusement unilatérale suite à la dislocation du camp de l’Est. Ils ont dû y renoncer après avoir découvert que cette approche était trop coûteuse sur les plans économique et politique. Ils restent toutefois une force militaire et économique majeure avec laquelle il faut toujours compter, d’autant plus qu’ils peuvent toujours se prévaloir d’alliances ou de partenariats solides de par le monde. Quant à l’ancienne URSS, humiliée après la chute du mur de Berlin, réduite à sa dimension géographique ancestrale, obligée de se défaire d’alliés précieux, elle renaît aujourd’hui de ses cendres. La Fédération de Russie n’est certes plus la superpuissance dominante mais, grâce à des richesses naturelles considérables utilisées à bon escient, des capacités technologiques et militaires à la pointe du progrès et une politique étrangère réfléchie, elle a su reprendre une position de premier plan dans le concert des nations, position qu’il serait aujourd’hui hautement risqué d’ignorer, d’autant plus que ce pays a lui aussi réussi à prendre la tête d’un réseau de nouveaux partenariats prometteurs.

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