LA DIPLOMATIE TUNISIENNE ET LA REVOLUTION

LA DIPLOMATIE TUNISIENNE ET LA REVOLUTION

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Au moment où la Tunisie célèbre sa révolution et fait le bilan des six dernières années, il sied que notre diplomatie s’engage  elle aussi dans un examen  rétrospectif de ses réalisations et, le cas échéant, des insuffisances qui ont pu entacher son action. Fermement ancrée  dans le génie de tout un peuple, longtemps caractérisée par sa modération, sa tolérance et son ouverture, pourvue par les pères de la nation de principes et de fondements qui lui ont permis pendant des décennies  de rayonner dans le monde, disposant d’un effectif et d’un encadrement d’un niveau élevé,cette diplomatie avait tout pour continuer à bien servir les intérêts de la Tunisie de l’après 14 Janvier 2011.Qui plus est, auréolée de la renommée d’un pays réconcilié avec les principes universels de la démocratie et des droits de l’Homme, notre diplomatie était libérée de certaines lourdeurs qui avaient constitué autant d’handicaps pour son déploiement.

La diplomatie tunisienne a su tout au long des six dernières années préserver l’essentiel des amitiés qu’elle s’est crées depuis l’indépendance du pays. Ceci lui a permis de continuer à épauler l’effort national en matière de développement soumis à rude épreuve par les soubresauts d’ordre social  que le pays a connus. Et quand le terrorisme  a frappé avec vigueur  dans nos contrées, notre diplomatie a trouvé en elle-même  les ressources nécessaires pour mobiliser le monde afin de nous aider à faire face avec autant d’efficacité que possibleà ce fléau. Toutefois, il est difficile de ne pas constater avec regret que la diplomatie tunisienne n’a pas été toujours maintenue en dehors des tiraillements idéologiques et politiques qui ont traversé le pays. N’a-t-on pas vu des alliances se faire et se défaire et des relations se construire ou se dissoudre selon que le Gouvernement en place  se décrit comme « révolutionnaire » ou non ? N’a-t-on pas mis la diplomatie tunisienne dans l’obligation de consacrer une grande partie de ses efforts à traiter les conséquences régionales et internationales du flux, provoqué pour des raisons idéologiques, de ressortissants tunisiens vers les zones de conflit ?

Si les structures du Ministère des Affaires Etrangères ont malgré tout résisté aux assauts des apprentis-diplomates, c’est parce que ce Département de souveraineté dispose de solides traditions de discipline et de rigueur et d’une capacité à défendre exclusivement  les intérêts suprêmes de la Tunisie. Pourtant ces traditions et cette capacité se trouvent souvent compromises par des restrictions budgétaires dépassant l’imaginable, un système de recrutement limitatif à l’extrême, des conditions  de progression  dans la carrière soumises à des critères variables et modifiables à volonté, des règles de nomination aux missions diplomatiques et de rappel frisant la fantaisie ….

Il ne faut jamais oublier que la diplomatie est la première ligne de défense d’un pays et que, dans les conditions que nous vivons actuellement, plus cette profession est malmenée et négligée, plus cette ligne  se trouve marginalisée.

Bonne fête de la révolution pour notre diplomatie et pour notre pays et gloire à nos martyrs!

 

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