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La langue arabe de plus en plus enseignée en Chine

L’apprentissage de la langue arabe est de plus en plus perçu à Pékin comme une valeur ajoutée pour poursuivre une carrière prometteuse en Chine ou dans les Etats arabes. Selon Xue Guoqing, directeur du Centre de langue arabe et d’études islamiques Shaikh Zayed établi à Pékin, ce sont la présence d’une importante communauté musulmane en Chine (plus de 10 ethnies et 20 millions de musulmans concernés par la langue arabe) et l’intensification des relations économiques et commerciales sino-arabes qui auraient donné un attrait supplémentaire à cette langue en Chine.

Cité par le site français consacré au monde arabe Mizane.info, le vice-doyen de la faculté des études arabes à l’Université des études étrangères de Pékin a abondé dans ce sens, affirmant que « la langue arabe s’est énormément développée en Chine ces dernières années. Quand j’étais étudiant, il y avait sept ou huit universités chinoises qui enseignaient l’arabe. Aujourd’hui, il y en a près de 50 ». Si l’arabe s’est imposé comme un atout important pour les étudiants chinois, c’est aussi parce que la maîtrise de cette langue ouvre la porte à des opportunités parfois très intéressantes, notamment dans le monde professionnel et l’accès à des emplois alléchants dans les pays du Golfe.

 « La langue est un élément important dans le soft power »

Les diplômés du Centre Shaikh Zayed, estimés à 1000 à l’heure actuelle, utilisent la langue arabe dans les spécialités pour lesquelles ils optent, que ce soit dans le cadre d’une carrière au sein du ministère des Affaires étrangères, du Commerce ou de la Culture, dans les entreprises commerciales ou dans les médias. « Près de 98% de nos diplômés trouvent un emploi après l’obtention de leur diplôme », a ainsi déclaré l’un des professeurs de la faculté à Mizane.info.

Selon ce professeur, les deux tiers des diplomates chinois de la région arabe sont diplômés de cette faculté et la plupart des diplomates chinois en poste dans des pays arabes parlent l’arabe. Le directeur du Centre dit avoir lui-même contribué à la diffusion de la culture et de la littérature arabes en Chine en traduisant « des œuvres de certains des grands noms de la poésie arabe moderne, dont Ali Ahmad Said Esber, Adunis, Mahmoud Darwish, Badr Shaker Al Sayab et Abdul Wahab Al Bayati ».

Mais bien que cette faculté d’études arabes entretienne des liens étoffés avec de nombreuses universités arabes, elle ne dispose pas encore de toutes les ressources nécessaires pour assurer des formations complètes et diversifiées. « La langue est un élément important dans le soft power. Lorsque j’ai visité de nombreux pays arabes, j’ai trouvé très peu de livres en chinois. De même, vous trouverez peu de livres arabes en Chine. Il est nécessaire de faire plus d’efforts pour traduire plus de livres, des deux côtés », a ainsi estimé Liu Xinlu, le vice-doyen de la faculté des études arabes à l’Université des études étrangères de Pékin.

M. Guoqing a lui affirmé avoir commencé à porter une attention accrue à la langue arabe en raison de l’intérêt qu’il a toujours porté aux fondements de la pensée islamique. « Quand le mot islam est mentionné, ce qui vient à l’esprit des Chinois, c’est que l’Islam est une religion et une loi. [Or] l’Islam est beaucoup plus que cela, c’est une civilisation complète, qui comprend la philosophie, l’histoire, le droit, les études sociales et des inventions dans tous les domaines. C’est un concept plus large qu’une simple religion », a-t-il fait valoir.

Voir http://www.mizane.info/la-langue-arabe-a-le-vent-poupe-en-chine/

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