La Libye : Devant une situation aussi complexe, comment agir ?

La Libye : Devant une situation aussi complexe, comment agir ?

0
PARTAGER

La Libye voisine vit une situation complexe due à l’insécurité qui y règne, à l’anarchie signe de l’absence de l’Etat et à la multiplicité des milices armées, conséquences de l’une et de l’autre. La Tunisie, dont les frontières avec ce pays sont des portes de sortie terrestres des Libyens, souffre des effets de cette situation. Ce n’est pas de la faute des Libyens. Pour notre malheur ce sont des Tunisiens qui forment un grand contingent des terroristes dans ce pays. Les auteurs des attentats terroristes qui ont frappé le plus durement la Tunisie, au Musée du Bardo, à l’hôtel de Sousse et à l’Avenue Mohamed V en plein centre de Tunis ont planifié leurs sinistres actes, se sont entrainés et ont été armés de l’autre côté de la frontière.

Lorsque des pays proches ou lointains, ou des alliances militaires se concertent pour lancer une opération militaire en Libye, comme le bruit en a couru, comment nous Tunisiens ne pourrions-nous pas se sentir concernés. Il faut bien comprendre que dans ce cas nos sentiments sont ambivalents. Voir le pays frère et voisin subir les affres d’une autre guerre avec son lot de destructions, de morts et de déplacés, nous ne pouvons qu’y être opposés. D’autant que la guerre n’a jamais réglé ce genre de situation. Dans le même temps, lancer des attaques ciblées contre ces terroristes criminels nous ne pouvons qu’y être favorables.

C’est pourquoi la première réaction, c’est celle de dire que si l’intervention est envisagée, nous Tunisiens devrions être les premiers à en être informés. La concertation avec la Tunisie est indispensable car nous subirons directement les retombées de cette guerre. Question de nous préparer à accueillir les réfugiés, à recevoir les victimes de cette intervention et à prévenir l’infiltration de terroristes. C’est ce que le Président de la République a dit ouvertement devant les ambassadeurs accrédités à Tunis à l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux de l’année 2016. Le gouvernement de son côté a pris les mesures idoines sur tous les plans en la matière. Des opérations blanches ont été conduites dans le Sud pour mesurer la préparation des services de secours en cas d’affluence de blessés. Quoi de plus normal.

Reste que nous ne pouvons qu’être opposés à une guerre en Libye. Le pays voisin a déjà subi assez de dégâts au cours de cinq dernières années pour qu’il y ait à souffrir davantage. Mais des opérations ciblées comme celle de Subratha comment ne pas y souscrire. Ce serait de l’hypocrisie de prétendre le contraire. Parmi nos frères Libyens il y a ceux qui demandent à être armés pour attaquer eux-mêmes les terroristes sur leur territoire, question de respect de la souveraineté nationale. On ne peut que les comprendre. Ce serait d’ailleurs l’idéal. Mais sont-ils suffisamment unis ou en tout cas assez cohérents entre eux, pour être en mesure de faire ce travail.

Nous attendons toujours le gouvernement d’union nationale issu du processus de Skhirat réalisé sous l’égide des Nations Unies. S’il se met en place et prend ses quartiers à Tripoli comme nous le souhaitons, l’espoir devient possible.

Le diplomate.tn

Pas de commentaires

Laisser un Commentaire