La reprise d’Alep : Peut- elle augurer une prise de conscience...

La reprise d’Alep : Peut- elle augurer une prise de conscience collective arabe ?

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Les derniers développements dans la ville syrienne martyre d’Alep ne laissent personne indifférent. Cependant, les appréciations divergent. Ceux qui ont depuis le départ encouragé, voire financé et /ou armé les mouvements de l’opposition pour leur permettre de conquérir des pans entiers du territoire syrien, s’indignent que le Gouvernement de Damas, aidé par ses alliés, reprenne le contrôle d’une ville aussi stratégique qu’Alep en prétextant de la souffrance, certes réelle, de la population civile occasionnée par les opérations militaires, sans toutefois reconnaître la responsabilité ,au moins partielle, des opposants dans cette souffrance. D’autres semblent être enivrés par le succès des opérations sans se soucier du fait qu’ils héritent non pas d’une ville mais d’un amas de ruines déserté par une population désespérée qui vient grossir les rangs des déplacés syriens. Les premiers, cachant à peine leur frustration, affirment que la perte d’Alep ne veut pas dire la fin de la guerre, les seconds, se voulant magnanimes, se disent maintenant prêts à envisager de nouveaux pourparlers de paix, mais sous une nouvelle forme qui écarterait les interlocuteurs traditionnels occidentaux (et leurs alliés arabes ?) et mettrait en avant le rôle d’une Turquie se présentant désormais comme tuteur des anti- Assad,en attendant l’entrée en fonction de la nouvelle administration américaine en janvier prochain……
C’est le moment choisi par la Ligue des Etats Arabes, dont les positions sur le dossier syrien sont loin de faire l’unanimité, pour organiser au Caire, et sur demande du Qatar, une réunion au niveau des Délégués Permanents «afin d’examiner la situation dramatique des populations civiles d’Alep ».C’était une initiative louable si elle n’était utilisée par les « pourfendeurs » attitrés du Gouvernement syrien pour déverser leur rhétorique traditionnelle contre ce Gouvernement, alors qu’elle aurait dû offrir l’occasion propice pour examiner les voies et moyens de venir en aide aux déplacés, participer à la reconstruction de la ville et surtout affirmer la détermination des pays arabes et de leur Ligue à jouer désormais un rôle plus équilibré dans le conflit syrien et à ne pas être laissés à l’écart des tractations qui s’annoncent et qui vont engager l’avenir d’un membre de la famille arabe et peut être de la région toute entière. La Tunisie, fidèle à sa vocation de pays fédérateur et qui préside actuellement le Conseil des Ministres Arabes des Affaires Etrangères, pourrait sensibiliser les pays frères sur l’urgence de la question afin d’engager au niveau politique adéquat des discussions interarabes pour définir une position commune dénotant une prise de conscience collective des dangers encourus et évitant au monde arabe de nouveaux accords Sykes-Picot.

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