Turquie

La Turquie poursuit l’offensive contre les Etats-Unis

Quarante jours après sa réélection et l’élargissement de ses pouvoirs, l’homme fort de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, se retrouve emmêlé dans une crise diplomatique avec les Etats-Unis. Un affrontement « qui risque d’entraîner le pays dans la récession », rapporte aujourd’hui Le Monde. Le journal français estime que pour un président dont la popularité et la posture d’homme d’Etat fort ont été établies sur des promesses de développement économique, cette confrontation risque de se répercuter sur l’économie, déjà fragilisée,d’Ankara.

« En seize ans passés à la tête du pays, d’abord comme premier ministre puis comme président, l’homme est parvenu à prendre le contrôle de toutes les institutions – l’armée, la justice, la police, l’éducation, le Parlement, les médias. Mais, lorsqu’il a voulu prendre en main l’économie, les choses se sont compliquées », analyse le quotidien français. Car ce mercredi, les tarifs douaniers de certains produits américains ont fortement augmenté en réponse au doublement des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium turcs annoncé par Donald Trump la semaine dernière. L’annonce américaine avait entraîné une chute de la livre turque et, dans son sillage, une promesse de représailles de la part des autorités d’Ankara.

Guerre commerciale

Dans le même temps, la Turquie fait les yeux doux aux dirigeants de l’Union européenne. Ainsi, « comme gage de bonne foi, le président d’Amnesty International en Turquie a été libéré », explique pour sa part Le Parisien, qui a fait le point sur les mesures turques de rétorsion économique qui ont entraîné une crispation des relations entre les deux pays.

« Parmi les produits américains visés par la Turquie figurent les véhicules de tourisme, dont les tarifs douaniers s’élèvent désormais à 120%, certaines boissons alcoolisées (140%), le tabac (60%) ou encore le riz et des produits cosmétiques », détaille Le Parisien. Selon la ministre turque du Commerce, Ruhsar Pekcan, les nouveaux tarifs douaniers annoncés mercredi atteindront un montant de 533 millions de dollars. Le vice-président turc, Fuat Oktay, a lui précisé qu’il s’agissait d’un acte de « représailles contre les attaques délibérées de l’administration américaine ».

Les tensions entre la Turquie et les Etats-Unis sont montées d’un cran en juillet en raison de l’inquiétude suscitée par le sort du pasteur américain Andrew Brunson, détenu en Turquie dont les autorités l’accusent d’espionnage et d’activités « terroristes », ce qu’il dément. Après plus d’un an et demi d’incarcération, il a été placé en juillet en résidence surveillée. Alors les Etats-Unis venaient de réclamer sa libération, la justice turque a rejeté mercredi une nouvelle demande de levée de son assignation à résidence.

Soutien du Qatar

En plus de ses tentatives de rapprochement avec l’UE, la Turquie tente de s’en sortir en s’alliant avec d’autres puissances économiques, ce qu’elle a en partie réussi à accomplir. Elle a ainsi reçu un soutien de poids mercredi : une promesse de 15 milliards de dollars d’investissements du Qatar a été faite lors d’une rencontre à Ankara entre le président Erdogan et le dirigeant du Qatar, Cheikh Hamad ben Tamim al-Thani. Une annonce qui a accéléré la remontée de la livre, « qui regagnait quelque 5 % en valeur face au billet vert en fin de journée », explique encore Le Parisien.

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