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L’Afrique du Sud de nouveau secouée par des « troubles xénophobes »

Depuis des jours, les troubles se multiplient en Afrique du Sud, où des pillages, ciblant des magasins tenus par des étrangers, touchent les grandes villes.

Au moins 70 personnes ont été arrêtées le 2 septembre 2019 dans le centre de Johannesburg, suite à des actes de pillage de magasins et à des incendies de bâtiments et de voitures. La veille, un vieux bâtiment du Central Business District avait pris feu, provoquant la mort d’au moins trois personnes. « D’autres arrestations ont eu lieu dans le township d’Alexandra, toujours à Johannesburg. C’est ici que se sont concentrées des scènes de pillages dans la nuit du 2 au 3 septembre », indique Franceinfo.

Les incidents ont également frappé la capitale Pretoria. Des boutiques ont été incendiées dans le quartier de Marabastad, où habitent de nombreux immigrants. Actuellement, la police poursuit son enquête, sans donner de détails sur la nature de ces attaques.

Criminalité ou xénophobie ?

Pour le ministre de la Police, Bheki Cele, ces violences relevent davantage de la « criminalité » que de la « xénophobie ». « La xénophobie sert d’excuse », a-t-il expliqué après une tournée des quartiers affectés, rapporte l’AFP.

Mais tout le monde ne partage pas ce point de vue, à commencer par le ministre nigérian des Affaires étrangères, Geoffrey Onyeama. Selon lui, ces actes de pillage visent principalement les ressortissants nigerians, très nombreux en Afrique du Sud. M. Onyeama estime que la police ne prend pas suffisamment d’initiatives pour les protéger. Indiquant dans un tweet avoir « reçu des nouvelles dégoûtantes et déprimantes » de la poursuite des incendies et des actes de pillage de magasins et de locaux nigérians par des « criminels stupides », le ministre a déploré « une protection policière inefficace ». « Trop c’est trop. Nous allons prendre des mesures définitives », a-t-il écrit.

Franceinfo Afrique indique que le sentiment xénophobe est aussi attisé par les chauffeurs routiers qui, en grève, « dénoncent l’emploi massif de conducteurs étrangers, moins bien payés, tandis qu’eux sont au chômage ». « Le peuple sud-africain a faim mais il reste à la maison, alors que des entreprises du pays préfèrent employer des étrangers payés moins cher », a déploré le 2 septembre auprès de l’AFP la représentante d’un syndicat de routiers, Sipho Zungu.

Depuis plus d’un an, la colère gronde, mais un pallier a été franchi ces derniers temps. Plusieurs camions ont été incendiés dans l’Etat du Kwazulu-Natal (est) et la police a arrêté 20 personnes. Le 1er septembre, les chauffeurs routiers ont lancé une grève nationale. Des routes sont bloquées, notamment autour du Cap. Mais la situation a empiré depuis que plusieurs chauffeurs étrangers ont été agressés ces derniers mois. Selon l’ONG Human Rights Watch, des dizaines ont trouvé la mort.

Avec Franceinfo et agences

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