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L’ambassadeur russe auprès de l’UE : « La décision d’expulser des diplomates russes de Grèce ne provient pas que d’Athènes »

Le débat surmédiatisé concernant l’ingérence russe dans la campagne présidentielle américaine de 2016 a éclipsé une affaire qui a vu la Russie accusée d’intrusion dans les affaires intérieures grecques. Le 11 juillet, Athènes a en effet expulsé deux diplomates russes et interdit deux autres de son territoire. Ces accusations d’ingérence russe ont pour toile de fond un accord signé le 17 juin entre la Grèce et la Macédoine afin que cette ex-République yougoslave de Macédoine prenne pour nom « Macédoine du Nord ».

Cette nouvelle appellation devrait aboutir à l’adhésion de la Macédoine à l’OTAN et à l’UE. « Il est évident que [cet accord] est loin de consolider la paix et la sécurité dans les Balkans, ce n’est qu’un outil exclusif pour attirer plus rapidement la république de Macédoine dans l’OTAN », a ainsi déploré, le 18 juillet, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe, Maria Zakharova. Des propos qui ont suscité l’indignation d’Athènes, qui a dénoncé « un exemple caractéristique d’irrespect pour un pays tiers et de manque de compréhension du monde actuel, où les Etats, indépendamment de leur taille, sont indépendants ».

Selon le représentant permanent de la Russie auprès de l’UE, Vladimir Tchijov, l’expulsion de deux diplomates russes de Grèce est une provocation dont l’initiative ne viendrait pas que d’Athènes. L’homme a ainsi déclaré que l’expulsion des diplomates russes de Grèce est impossible à expliquer « par la logique et le bon sens » et qu’il s’agit d’une « provocation plutôt grossière. Si grossière qu’il est assez difficile pour moi de supposer que ses auteurs n’aient été que des Grecs ». L’ambassadeur russe a également fait savoir qu’il était « convaincu qu’une impulsion externe a eu lieu dans le cadre de la négociation à propos de ce changement juridiquement douteux quant au nom de la Macédoine ».

Le jour de la signature de l’accord par les ministres grec et macédonien des Affaires étrangères, Alexis Tsipras avait déclaré que « nous faisons ce jour notre devoir patriotique (…), un pas historique pour refermer les plaies du passé, ouvrir la voie à la coopération pour nos pays, les Balkans et toute l’Europe ».

L’accord entre la Macédoine et la Grèce doit être ratifié par les parlements des deux pays et approuvé par référendum en Macédoine. A présent, Skopje attend l’ouverture des pourparlers d’adhésion à l’Union lors d’un sommet européen fin juin et une invitation à rejoindre l’OTAN à la mi-juillet.

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