la garde nationale

L’attentat contre les membres de la garde nationale aux yeux de l’étranger

L’attentat commis contre des membres de la garde nationale tunisienne à la frontière algérienne dans la province de Jendouba le dimanche 8 juillet, qui a fait six morts et trois blessés, intervient en pleine phase d’incertitude politique au sein du gouvernement tunisien. Si des heurts ont régulièrement lieu à la frontière algérienne, il s’agit de l’attentat qui a provoqué le plus de morts depuis l’attaque perpétrée par des militants de l’Etat islamique (EI) venus de Libye en mars 2016 contre des installations sécuritaires à Ben Guerdane et dont le bilan s’était monté à 13 membres des forces de l’ordre et 7 civils tués.

Revendiquée par la branche tunisienne d’al-Qaïda au Maghreb islamique, Oqba Ibn Nafaa, qui a déclaré avoir saisi plusieurs armes de la patrouille visée, l’attaque de dimanche contre les agents des forces de l’ordre a vivement fait réagir la classe politique tunisienne et la presse locale qui a analysé ses raisons et ses conséquences éventuelles sur les réalités politiques et sécuritaires dans le pays.

Réactions de la presse étrangère

Mais elle a également fait réagir la presse étrangère, qui déplore que cette agression vienne s’ajouter à une crise politique déjà problématique pour le pays. « C’est l’attaque la plus meurtrière depuis plus de deux ans. Elle survient alors que le pays, secoué par une crise politique, espère vivre cette année une très bonne saison touristique à la faveur de l’amélioration de la sécurité qui a permis le retour en force des tour-opérateurs », explique ainsi « Le Monde ».

« Cette attaque risque d’accentuer la crise politique profonde que traverse la Tunisie, où le premier ministre, Youssef Chahed, qui a récemment limogé son ministre de l’intérieur, fait face à une fronde dans son propre camp », pointe encore « Le Monde ».

« Deux ans de reconstruction éclatent en fumée, alerte pour sa part « RTL ». C’est l’attentat le plus meurtrier depuis celui de 2016 contre une caserne de l’armée, un poste de police et de gendarmerie. »

Le quotidien publié à Montréal, « Le Devoir », s’alarme également de la détérioration soudaine de la situation sécuritaire. Bien que celle-ci se soit nettement améliorée ces derniers temps, « le pays reste sous état d’urgence depuis l’attentat suicide commis en plein Tunis contre la sécurité présidentielle (…) Les forces de sécurité et des observateurs estiment que les principaux groupes armés sont actuellement très affaiblis et déstructurés. Mais des incidents isolés perdurent, notamment dans les maquis du nord-ouest », affirme le journal québécois.

« The Independent », quotidien britannique, a lui déploré que « l’une des nations les plus laïques du monde arabe » soit de nouveau dans le viseur « de militants [jihadistes] après avoir été saluée [par la communauté internationale] pour son rôle de phare du changement démocratique suite au soulèvement contre l’autocrate Zine el-Abidine Ben Ali en 2011 ».

« La Tunisie promet de venger six gardes tués près de la frontière avec l’Algérie », titre par ailleurs le journal américain « The Washington Post », citant les propos de Ghazi Jeribi. Le ministre de l’Intérieur par intérim a en effet déclaré que « nous irons jusque dans les repaires des combattants et [que] nous vengerons le peuple tunisien ».

 « Les autorités tunisiennes semblent avoir été prises de court »

Libération constate de son côté, en citant le journal algérien Al-Bilad, que « les autorités tunisiennes semblent avoir été prises de court » malgré les alertes des services de renseignement algériens et tunisiens qui craignaient des attaques prochaines après le recensement d’une centaine de combattants massés à la frontière et appartenant à deux groupes terroristes bien connus : Oqba Ibn Nafaa (branche d’AQMI) et les Soldats du Califat (affiliés à l’Etat islamique).

Enfin, « Le Point » insiste sur la situation politique déjà difficile que traverse actuellement la Tunisie après que Lotfi Brahem a été démis de ses fonctions. « Raison officielle : le naufrage d’un bateau de migrants à Kerkennah, plus de quatre-vingts morts. Raisons officieuses : mésentente avec Chahed, lutte de pouvoirs au sommet de l’Etat, écrit l’hebdomadaire français. Son non-remplacement depuis plus d’un mois pose question alors que la saison touristique bat son plein. Il y a fort à parier que le chef du gouvernement Youssef Chahed devra s’expliquer sur son choix de ne pas nommer un ministre à part entière au 7, avenue Bourguiba, siège de l’Intérieur. À moins que cette décision ne lui incombe entièrement. »

Des gouvernements étrangers condamnent l’attaque terroriste

Le Gouvernement français a également condamné « avec la plus grande fermeté l’attaque terroriste » contre le poste-frontière, par le biais de son ministère des Affaires étrangères. « La France se tient résolument aux côtés de la Tunisie dans la lutte contre le terrorisme et face à toute tentative de porter atteinte à ce pays amis, à sa sécurité et à la vitalité de sa démocratie », a également affirmé le Quai d’Orsay.

De son côté, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères algérien a fait savoir qu’il condamnait « fermement l’attentat terroriste contre une patrouille de la garde nationale tunisienne ».

Enfin, la TRT (Radio et Télévision de Turquie) a également fait savoir sur son site Internet qu’Ankara condamnait vivement l’attentat terroriste. « Le ministre turc des Affaires étrangères a fait savoir dans un communiqué qu’Ankara a appris avec tristesse la mort de six gardes-frontière à la suite d’une attaque terroriste perpétrée dimanche dans la province de Jendouba en Tunisie », écrit le média turc.

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