L’Australie et le Canada, deux sociétés multiculturelles à l’immigration choisie

L’Australie et le Canada, deux sociétés multiculturelles à l’immigration choisie

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En ces années traversées par des flux migratoires exceptionnels, et par des déplacements massifs de populations, essentiellement issues de pays en conflits, migrants ou réfugiés, l’Australie et le Canada ont mis en place des modèles d’immigration « choisie » basés sur des systèmes d’évaluation et de barèmes par points.
Le système d’immigration australien a même été cité en exemple par le président américain Donald Trump lors de son premier discours devant le Congrès, mardi 28 février 2017. Il a notamment loué une immigration « basée sur le mérite », qui donne la priorité aux migrants qualifiés. Avant le président américain, les partisans du Brexit avaient déjà appelé à s’inspirer de l’Australie. Marine Le Pen, présidente du Front national français a, elle aussi, plusieurs fois mis en avant l’exemple australien, en particulier concernant le traitement des clandestins et des demandeurs d’asile.
L’Australie est l’un des pays les plus multi-ethniques et multiculturels du monde. Plus de 28 % de ses 24 millions d’habitants sont nés à l’étranger. Et ce multiculturalisme a des effets très positifs pour le pays, comme le souligne le premier ministre, Malcolm Turnbull.
Et il est intéressant de remarquer que le poids de l’immigration qualifiée n’a cessé d’augmenter depuis les années 1980 : 68 % des immigrés rentraient dans cette catégorie en 2016 (les 32 % restants sont arrivés dans le cadre du regroupement familial). L’objectif actuel de l’Australie est de combler des vides dans la population active et d’attirer des travailleurs hautement qualifiés pour renforcer l’économie.
Ces migrants passent par un système de « discrimination positive », évalué par des points, système examinant leur niveau d’anglais, leurs diplômes, leurs expériences professionnelles, etc. Les ingénieurs et les personnes travaillant dans les technologies de l’information sont recherchés de manière prioritaire. L’âge est également un élément essentiel, les jeunes actifs entre 25 ans et 35 ans sont prioritaires également. Des migrants moins qualifiés peuvent également venir en Australie, avec cependant des visas temporaires.
Une majorité d’australiens sont assez favorables à l’immigration, même s’il existe quelques élus, plutôt d’extrême-droite (notamment le parti ‘One Nation’, qui a 4 sièges au Sénat), qui dénoncent le multiculturalisme et qui sont anti-immigration et dont la parole est de plus en plus entendue dans le paysage politique. Néanmoins, la politique australienne vis-à-vis des réfugiés et des clandestins est beaucoup plus restrictive et a souvent été dénoncée de par le monde, notamment par des ONG comme « RefugeeConcil » et surtout par l’Organisation des Nations Unies (ONU) qui déplorent les conditions dans lesquelles sont maintenus les immigrés clandestins dans des centres off-shoressur l’île Manus (Papouasie-Nouvelle-Guinée) ou à Nauru; l’Australie accueille près de 14.000 réfugiés par an.
Le cas du Canada est différent : son multiculturalisme se pense autant par l’immigration « choisie » pour des raisons économiques, que par la compassion envers d’éventuelles victimes des conflits qui peuvent aspirer à être accueillis par le pays. Contrairement à ce que pense Donald Trump,ce système d’immigration n’est pas basé uniquement sur le mérite. Il ouvre largement ses portes pour des raisons humanitaires mais exerce aussi un contrôle serré des candidatures à l’immigration, pour sélectionner ceux qui peuvent contribuer au développement économique du pays.
Terre traditionnelle d’immigration, avec un cinquième de sa population née à l’étranger, le Canada adopte chaque année un « plan des niveaux d’immigration » fixant un quota à atteindre, et à ne pas dépasser. Pour 2017, il prévoit ainsi d’accueillir 300 000 personnes, soit autant qu’en 2016, année record dans l’histoire du pays, qui compte plus de 36 millions d’habitants. De 2011 à 2015, le Canada avait reçu en moyenne 260 000 immigrants par an. La sélection existe, comme pour l’Australie, sous la forme d’une « discrimination positive » : tous les immigrants potentiels sont en effet sélectionnés à partir d’un système de points à la suite d’une évaluation très élaborée de leurs compétences, de leurs expériences professionnelles, de leurs niveaux d’éducation et de la connaissance ou non des deux langues officielles du Canada, l’anglais et le français, sachant qu’au Québec, c’est bien sûr la maîtrise de la langue française qui est privilégiée.

Dans les secteurs d’emploi en manque de main-d’œuvre, l’entrée sera toujours facilitée au Canada, mais, en revanche, dans celles qui sont déjà saturées, les candidats ont peu de chances de franchir la barre de la sélection.

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