Le BRICS : Grandes ambitions et grands moyens. Le monde bouge…Et nous?

Le BRICS : Grandes ambitions et grands moyens. Le monde bouge…Et nous?

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Par Mustapha KHAMMARI
Ancien ambassadeur

Les chefs d’Etats de cinq pays représentant la moitié de la population mondiale, se sont rencontrés en début de semaine à Xiamen en Chine dans le cadre des neuvièmes rencontres du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud).
Un forum capital qui vise le renforcement de la coopération et des échanges entre ces cinq économies émergentes.
L’objectif bien avoué est de constituer un ensemble économique fort et davantage performant que toutes les unions régionales européennes ou autres à travers les cinq continents.

Le maître mot de ce forum, affirmé avec force par le Président de la République populaire de Chine est de parer au protectionnisme et assurer la liberté de la concurrence commerciale à travers le monde.
Mille deux cent hommes d’affaires et patrons de grandes banques, venus du monde entier, étaient conviés à ce forum.
Une « nouvelle banque de développement » serait l’instrument majeur du BRICS dans le déploiement commercial et « investitutionnel » de cet ensemble économique, sorte de mastodonte regroupant cinq pays aux économies des plus performantes de la planète.
De nouvelles grosses opportunités s’ouvrent ainsi au Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud pour consolider davantage l’expansion de leurs économies à travers le monde en resserrant leurs liens d’amitié et en agissant de concert sur le plan international.

Ensemble, les cinq pays représentent 44 pour cent de la population mondiale.
L’Inde , le Brésil, la Russie et l’Afrique du sud s’intéressent de près au modèle chinois de développement qui a permis , en trente ans, de sauver de la pauvreté cinq cent millions de chinois.
L’Egypte et d’autres pays ont été invités au forum de Xiamen et au BRICS qui attire de plus en plus la curiosité de nombreux pays convaincus qu’il s’agit là d’un espace nouveau de coopération qui peut convenir à des pays en développement à la recherche d’autres espaces que l’Europe ou les Etats Unis.

L’entrée de l’Afrique du Sud dans ce nouvel ensemble ouvre davantage le continent africain aux ambitions commerciales et d’investissements de la Chine, de la Russie, de l’Inde et du Brésil.
Il y a sûrement matière pour notre pays de regarder de près ce nouvel ensemble économique performant.
La diplomatie économique qui vient d’être confiée à un secrétariat d’Etat doit se déployer de manière à créer de nouvelles opportunités pour notre économie.

Prospecter plus loin que l’Europe, en Asie, en Australie et autres contrées lointaines pour diversifier nos horizons, gagner de nouveaux marchés et présenter notre pays là où il n’est peut être pas encore ou peu connu.
Aujourd’hui que les missions de la diplomatie conventionnelle sont largement dépassées par la révolution cyber-médiatique, nos ambassades sont toutes mobilisées pour servir cette diplomatie économique et j’y ajoute culturelle.
Au lieu de s’étonner de voir des ambassadeurs étrangers marquer leur présence -dans le respect des exigences de la souveraineté nationale par « trop » de communication, encourageons les nôtres et donnons leur les moyens d’assurer une plus grande présence dans les cercles économiques, culturels et médiatiques dans leurs pays d’affectation.
Le monde, autour de nous, bouge et les Etats autant que le secteur privé font la ruée sur les nouveaux marchés, traquent les opportunités, déploient leur savoir faire dans tous les domaines.

Notre pays peut mieux faire pour assurer une présence tunisienne culturelle, gastronomique, commerciale là où on perçoit une curiosité amicale de connaitre davantage la Tunisie.
Nos ambassades sont les avant postes de cet effort qui doit être convenablement appuyé et soutenu.
Aujourd’hui le BRICS et d’autres ensembles économiques majeurs déploient leurs « task-force » pour conquérir les marchés et assurer le bien être de leurs peuples.

L’espace national seul, avec les capacités propres dont il dispose, ne pourra pas répondre aux légitimes ambitions de sa population.
Attirer les investisseurs étrangers, améliorer la productivité de notre système éducatif et économique, conquérir les marchés extérieurs. Voilà l’un des caps à suivre!

M.K., ancien ambassadeur

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