Mehdi Jomaa, ancien premier ministre et candidat à la présidentielle 2019. Photo : AFP

Présidentielle 2019 : Mehdi Jomaa veut « unir les Tunisiens et unifier les institutions »

Mehdi Jomaa, candidat du parti Al Badil à l’élection présidentielle 2019, s’est rendu mercredi à Monastir pour présenter les grandes lignes de son programme électoral. Il s’est engagé à mettre fin au manque de coopération, voire aux rivalités qui divisent les institutions de l’Etat, en particulier les deux chefs de l’exécutif.

« Mon programme vise à unir tous les Tunisiens et assurer une cohésion entre les institutions de l’Etat », a assuré Mehdi Jomaa. « La présidence de la République, le gouvernement, le Parlement et tous les Tunisiens doivent regarder dans la même direction » pour assurer au pays la sécurité et le développement dont il a besoin, a-t-il ajouté.

L’ancien chef du gouvernement a par ailleurs qualifié la réhabilitation de la culture et de la créativité comme une « nécessité », indiquant vouloir soutenir les artistes et améliorer le cadre législatif qui régit leur activité. En cas de victoire, M. Jomaa a déclaré qu’il accorderait une importance particulière à la diplomatie économique afin de drainer des investissements et diversifier le tissu économique en Tunisie. Le candidat s’engage également à entreprendre une série de réformes dans le domaine de l’administration.

Le Maghreb doit « s’unir » pour combattre le terrorisme

Lors du premier débat présidentiel auquel il avait pris part, Mehdi Jomaa avait affirmé que le Maghreb devait unir ses compétences dans le domaine du renseignement et la protection des frontières. Revenant sur les réalisations des forces de l’ordre tunisiennes en matière de consolidation de la stratégie de protection des frontières, le candidat a assuré que « le matériel [était] disponible » mais qu’il fallait en faire « l’usage qui convient et toujours miser sur la prudence, car le terrorisme ne disparaîtra pas de si tôt ».

Une diplomatie économique au service des intérêts nationaux

Lors d’une conférence de presse à Tunis tenue début septembre, Mehdi Jomaa s’est montré critique à l’égard du bilan du gouvernement sortant. « Le pouvoir d’achat est en chute libre, avait-il regretté. Et sur chaque Tunisien qui naît pèse une dette de 8000 DT ». L’homme a ainsi insisté sur la nécessité de valoriser les richesses agricoles, préserver le pouvoir d’achat et maîtriser les réseaux de distribution, comme l’explique La Presse. Il veut aussi instaurer une « diplomatie économique au service des intérêts stratégiques nationaux ».

Homme de consensus

Mehdi Jomaa se veut un homme de consensus, refusant de se positionner à la droite ou à la gauche de l’échiquier politique. Figure politique qui avait émergé peu avant le début du Dialogue national, il avait été proposé comme candidat pour le poste de chef du gouvernement par le parti Ennahdha, après l’assassinat en 2013 de Mohamed Brahmi, grande figure de la gauche. Le dialogue national avait alors été lancé à l’initiative de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat. La concertation avait visé à mettre en place un gouvernement pouvant représenter toutes les composantes de la scène politique, aussi bien les partis membres de la troïka que l’opposition.

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Sur les questions sociétales, Mehdi Jomaa a déclaré être favorable à l’égalité dans l’héritage et veut limiter au maximum le recours à la peine de mort (pour ne l’appliquer qu’aux terroristes invétérés et aux violeurs d’enfants). Il s’est par ailleurs dit opposé à la loi 52 sur les stupéfiants qui punit de prison ferme la consommation de cannabis ou « zatla ».

N.B.

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