Libye

Le chef de la diplomatie tunisienne : « L’action occidentale de 2011 en Libye a constitué un sérieux obstacle à la stabilité en Tunisie »

Le ministre des Affaires étrangères tunisien, Khemaies Jhinaoui, a accordé une interview au Foreign Policy dans laquelle il a notamment réaffirmé que l’action occidentale menée en Libye en 2011, « imprudente », a constitué un sérieux obstacle à la stabilité de la Tunisie. Lors de sa visite officielle à Washington en juillet 2018 qui avait pour but de renforcer la coopération économique et sécuritaire avec les Etats-Unis, le ministre en a profité pour « faire pression » en faveur d’une solution politique en Libye, « qui est effectivement devenue un Etat défaillant », rapporte le magazine américain.

Dans son entretien avec le journal américain, il a ainsi affirmé que Tunis ressentait toujours « les effets de la campagne irresponsable menée par l’OTAN en Libye voisine en 2011 » lors de l’intervention militaire qui avait pour but d’évincer Mouammar Kadhafi. « La sécurité de la Tunisie dépend de la stabilité en Libye, mais les puissances étrangères ont utilisé Tripoli pour mener leur propre guerre par procuration », a-t-il déclaré.

Absence de stratégie de sortie de crise

Revenant sur les effets de l’intervention des forces américaines, britanniques, françaises et autres sur l’évolution de la guerre civile qui a éclaté en Libye, le chef de la diplomatie tunisienne a déploré l’absence de stratégie de sortie de crise : « Il n’y avait pas de stratégie de sortie, a-t-il martelé. Ils ont renversé le gouvernement, mais ils n’ont pas aidé à créer les conditions pour accompagner les Libyens à élire ou à choisir un autre gouvernement. Maintenant, la Libye se trouve dans le pétrin… et c’est à cause de ce qui s’est passé en 2011. »

Seul pays à être sorti indemne de la série de manifestations politiques qu’a occasionnée le mouvement du printemps arabe, dont l’onde de choc, en plus de s’être propagée partout en Afrique du Nord, est également parvenue jusqu’au Moyen-Orient, la Tunisie lutte toujours pour consolider sa démocratie et relancer son économie, souligne le Foreign Policy. En cause, selon le ministre tunisien : les années de violence qui ont vu la multiplication du nombre d’actions terroristes commises notamment par des jihadistes parvenus à entrer en Tunisie par la frontière libyenne.

« Ce qui complique la situation, c’est l’ingérence étrangère en Libye », a-t-il ajouté, en reconnaissant toutefois que les programmes améliorés de formation et de professionnalisation des forces militaires et de sécurité, destinés à préparer davantage les forces de l’ordre à faire face aux menaces d’instabilité émanant de ses frontières avec la Libye et l’Algérie, avaient été mis en place avec l’aide des Etats-Unis et des Etats européens. Si la menace terroriste est loin d’être totalement maîtrisée, le chef de la diplomatie a assuré que « nos forces sont maintenant mieux entraînées et mieux équipées. Elles empêchent ces attaques terroristes au lieu de ne faire qu’y réagir. »

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