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Le CNRS s’apprête à publier un ouvrage sur la transition en Tunisie

Un livre collectif se proposant d’analyser différentes problématiques issues de la révolution et de la transition en Tunisie sera publié fin août par le Centre national français de la recherche scientifique (CNRS). Intitulé « Tunisie, une démocratisation au-dessus de tout soupçon ? », cet ouvrage volumineux de 300 pages édité sous la direction de Vincent Geisser et Amin Allal, a vu la contribution de deux chercheuses qui se sont notamment penchées sur les questions d’ordre sécuritaire et militaire. L’ouvrage compte également, selon Jeune Afrique, un chapitre consacré aux luttes féministes signé par Sana Ben Achour, cofondatrice de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD).

“Depuis 2011, la Tunisie vit en ébullition permanente, comme portée par la redécouverte du débat public, trop longtemps confisqué par un parti et un clan. Mais cette effervescence revendicative ne doit pas faire oublier que le pays a toujours été animé par une quête de démocratie, lit-on dans la présentation du livre par le site Web du CNRS. Ce livre, en replaçant les événements de 2011 dans le temps long, cherche à dépasser les représentations binaires dictature/démocratie, autoritarisme/pluralisme. Il s’attache à rendre compte des mutations culturelles, sociales et politiques, à décortiquer la part d’inédit et de créativité de la période post-Ben Ali et analyse comment elle s’accommode des structures héritées.” Avec une vingtaine de contributions originales (analyses historiques, enquêtes de terrain, entretiens avec les acteurs), ce livre dresse un portrait à la fois sociologique et politique de la Tunisie actuelle.

Jeune Afrique, qui a publié quelques extraits de l’ouvrage, indique que Khansa Ben Tarjem, chercheuse à l’Université de Lausanne, en Suisse, s’est proposée d’éclairer le présent de l’appareil sécuritaire par l’héritage répressif de la Tunisie et le changement de régime. « Elle revient notamment sur le mariage entre appareil partisan et appareil policier dans les premières années de l’indépendance, alors que Yousséfistes et Bourguibistes s’affrontent, dans les rues comme dans le Néo-Destour. »

Audrey Pluta, chercheuse à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence en France, analyse quant à elle la destinée post-révolution de l’armée et son intégration au jeu politique. A propos de l’évolution du rôle de l’armée en Tunisie, Mme Pluta explique notamment que des organisations composées « tant par des professeurs d’université, d’anciens haut-fonctionnaires du corps sécuritaire que par des retraités militaires » ont joué un rôle important dans la redéfinition de la place des forces armées dans la société tunisienne, en participant au débat public relatif à ces questions. « La prise en compte de ces associations dans les processus décisionnels illustre l’émergence d’un intérêt en Tunisie pour les questions de sécurité et de défense, mais aussi une ‘sécuritisation’ des enjeux, à savoir l’appréhension de faits sociaux comme problème nécessitant une réponse construite comme sécuritaire », peut-on lire dans les extraits choisis publiés par Jeune Afrique. « Ces organisations sont autant d’arguments en faveur de l’assertion selon laquelle la Révolution aurait ouvert des fenêtres d’opportunité pour des anciens officiers désireux de partager leur expertise », explique la chercheuse dans la partie de l’ouvrage consacrée à l’appareil sécuritaire tunisien.

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