Le développement urbain africain freiné par la pauvreté

Le développement urbain africain freiné par la pauvreté

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Près de 40% de la population africaine vit dans les villes, qui deviennent donc le pivot de la croissance des pays. Un taux d’urbanisation qui atteint celui du Proche-Orient et des pays d’Asie mais avec un PIB nettement en-dessous, puisqu’il est 3,6 fois plus important en Asie  (le PIB par habitant a doublé entre 1968 et 1994, à 3600 dollars, alors qu’il est de 1000 dollars en Afrique) que sur le continent africain dont les moyens pour répondre aux besoins urbains sont limités.

Les estimations de la Banque mondiale révèlent que la population urbaine de l’Afrique «va doubler au cours des vingt-cinq prochaines années, pour atteindre un milliard d’habitants». Le niveau de vie et le niveau de richesse ont été et sont relativement faibles, les investissements productifs ont été très bas pendant les 40 dernières années ; ainsi, les moyens financiers ne sont pas suffisants pour répondre à cet essor urbain qui n’a pas été suivi pendant toutes ces années.

De nombreux exemples illustrent ce déficit d’investissement : les dépenses de logement sont très élevées, supérieures à 55%, elles favorisent le surpeuplement, la construction de bidonvilles et «une expansion continue des implantations sauvages». Parallèlement, les denrées alimentaires y sont 35% plus chères que dans des régions comparables ailleurs dans le monde.Tous ces éléments viennent sinon entraver, du moins freiner le développement des villes africaines.

Celles-ci se retrouvent «prisonnières d’un mode de croissance qui entrave le développement économique», constate la Banque Mondiale.

Les solutions qui se dessinent sont essentiellement financières : «la première priorité consiste à régulariser les marchés fonciers, clarifier les droits de propriété et instituer des politiques efficaces d’aménagement urbain afin de rassembler les territoires», répond l’institution financière internationale. Autre priorité: «Investir tôt et de manière coordonnée dans les infrastructures, afin de relier ensemble tous les éléments du développement urbain, résidentiel, commercial et industriel.» Dans le cas contraire, les villes du continent africain risquent de rester à l’écart du reste du monde, cantonnées à leurs marchés locaux.

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