dinar tunisien

Le dinar tunisien continuera de reculer mais son effondrement est « improbable »

Le dinar tunisien devrait poursuivre sa baisse de valeur, mais il est peu probable qu’il s’effondre, selon une note de recherche de Capital Economics, cabinet de conseil en recherche économique basé à Londres. La monnaie a connu une baisse en valeur par rapport au dollar et à l’euro, qui a commencé plus tôt cette année. A la fin de la semaine dernière, le dinar avait enregistré une baisse en valeur de 10,9% : le dollar américain s’échangeait contre 2,7555 dinars et l’euro contre 3,2248 dinars.

« Globalement, nous nous attendons à ce que le dinar continue à baisser régulièrement au cours des prochains mois et à trouver un plancher à 3,40 [pour un euro] d’ici la fin de 2019. Cela maintiendra l’inflation à un niveau élevé et pèsera sur les dépenses des consommateurs », écrit le rapport envoyé aux médias jeudi.

« Le dinar est en baisse de 8% par rapport à l’euro depuis que la banque centrale a assoupli son emprise sur la devise en mai et se situe désormais à notre prévision de fin d’année de 3,20 dinars contre un euro », ajoute la note. Depuis mai, la Banque centrale tunisienne a autorisé une chute du dinar par rapport à l’euro et au dollar en mettant un terme aux interventions visant à soutenir la monnaie nationale. Au cours du même mois, le taux directeur a été relevé de 100 points de base, soit la deuxième augmentation en trois mois, pour aider à atténuer la flambée de l’inflation.

Plan d’aide du FMI

Les bouleversements politiques ayant eu un impact négatif sur l’économie, un plan d’aide de 2,8 milliards de dollars (conditionné à des mesures de redressement économique notamment pour ce qui concerne la maîtrise de la masse salariale de la fonction publique) a été convenu avec le Fonds monétaire international (FMI).

Dans un communiqué de presse publié à l’issue d’une visite d’une équipe du FMI en Tunisie, celui-ci a estimé que « certains signaux encourageants indiquent que la reprise économique est en bonne voie. L’économie tunisienne a connu une croissance de 2,6% (en glissement annuel) au premier semestre de cette année, avec une bonne performance des secteurs de l’agriculture, du tourisme et des services. Le nombre de touristes ayant visité la Tunisie depuis le début de l’année est le plus élevé depuis 2010. L’engagement des autorités à réduire les déséquilibres budgétaires porte également ses fruits. L’exécution du budget sur les six premiers mois de 2018 est conforme avec l’objectif de réduire significativement le déficit cette année. Contenir les déficits contribuera à réduire la dette publique élevée de la Tunisie qui pèse sur l’économie et les générations futures ».

L’économie tunisienne souffre de handicaps structurels, juge le FMI

Le 31 août, les réserves de change de la Tunisie s’élevaient à 10,930 milliards de dinars tunisiens, un montant qui permet de couvrir seulement 71 jours d’importations, selon le site officiel de la BCT. Selon les données officielles, le taux d’inflation annuel de la Tunisie a atteint un niveau record de 7,7% en avril et en mai et a continué de progresser à 7,8% en juillet avant de connaître récemment une légère baisse pour se situer à 7,5%. « Les déséquilibres économiques de longue date continuent de poser des risques importants pour l’économie tunisienne », note ainsi le FMI, et l’inflation reste considérablement plus élevée que les années précédentes. « En outre, l’amélioration attendue du déficit de la balance courante prend plus de temps que prévu : les importations sont encore trop élevées par rapport aux exportations et aux autres flux d’entrées de devises. Les réserves de change sont donc encore inférieures aux niveaux généralement observés dans les économies émergentes », explique encore le FMI.

Rester sur la voie de la réduction du déficit budgétaire cette année et l’année prochaine est essentiel pour stabiliser la dette et réduire la demande excessive d’importations, étant donné l’augmentation importante des prix internationaux du pétrole, juge le Fonds mondial. Il sera particulièrement important de poursuivre les réformes des subventions (actuellement peu ciblées) de l’énergie, ainsi que de redresser, sur des bases viables, la situation des caisses de sécurité sociale pour les secteurs public et privé. Le Fonds estime qu’il s’agit surtout de réorienter les dépenses publiques vers l’investissement, « ce qui stimulera la croissance et l’emploi au profit des jeunes et des chômeurs ». Enfin, « l’équipe du FMI se félicite de l’intention du gouvernement d’accroître davantage les dépenses sociales, considérant qu’elles restent essentielles pour protéger les pauvres et les personnes vulnérables au cours de la période à venir », conclut-il.

A voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A ne pas manquer