Le fer de lance de la bataille pour la liberté et le...

Le fer de lance de la bataille pour la liberté et le développement

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Habib Bourguiba présente le 15 avril 1956 le premier gouvernement de l’indépendance à l’assemblée nationale constituante. Il est en même temps président du Conseil, ministre de la défense nationale et ministre des affaires étrangères. La Tunisie recouvre ainsi la souveraineté sur sa politique étrangère. Le 3 mai suivant est paru au Journal Officiel le décret beylical portant réorganisation du ministère des affaires étrangères.
Doté d’une petite administration au départ, ne comptant que quelques pionniers venus d’horizons divers, tous de vrais militants, le ministère des affaires étrangères a grandi avec la Tunisie, s’est développé comme elle et a pris de l’ampleur au fil des ans à son image.
Mais la diplomatie tunisienne n’a pas existé ex-nihilo. C’est que Bourguiba et ses compagnons de lutte ont déjà mis en place un quasi-appareil diplomatique. Le bureau du Néo Destour à New York que dirigeait Bahi Ladgham était une représentation avant la lettre auprès des Nations Unies. Les principes et les constantes d’une diplomatie active ont été définis et ont été mis à l’œuvre parmi les moyens de lutte pour l’indépendance du pays.
Déjà aux jours sombres de la seconde guerre mondiale, le chef du Néo Destour alors en prison a appelé ses collaborateurs à se ranger aux côtés des Alliés dont la victoire est pour lui incontournable en les mettant en garde contre l’alignement aux côtés des forces de l’Axe. Ce n’était pas une prémonition mais de la prospective.
Au sortir de la guerre, Bourguiba refuse le dogmatisme et choisit le pragmatisme. Prenant son bâton de pèlerin, il sillonne le monde à la recherche d’appuis à la cause tunisienne en prenant bien soin d’insérer son pays dans ses dimensions arabe, musulmane, africaine, tiers-mondiste et parmi le monde libre. Dans ce monde en recomposition, il était parmi les premiers à prendre conscience de l’importance de l’Organisation des Nations Unies en tant que garante de la légalité internationale, de la paix et de la sécurité dans le monde.
Dés l’indépendance, la diplomatie a travaillé à plein régime. La réussite est rapide et totale. Membre des Nations-Unies dès 1956, la Tunisie entre deux ans plus tard au Conseil de Sécurité où elle est élue sans concurrent. En 1961, le représentant tunisien Mongi Slim est élu premier président africain de l’Assemblée générale des Nations Unies. Une belle épopée commence.
Aux côtés de Bourguiba, des hommes et des femmes de valeur se sont engagés dans cette fascinante aventure. Parmi eux et aux premières loges, le président Béji Caïd Essebsi. Ministre des affaires étrangères pendant plus de cinq ans, il a été un homme-clé de la diplomatie tunisienne à des moments sensibles de son histoire contemporaine. Depuis son accession à la magistrature suprême, elle retrouve son lustre d’antan.
Ce 60ème anniversaire de la diplomatie tunisienne est un moment privilégié pour rendre hommage à la génération des bâtisseurs. C’est le moment aussi de nous projeter dans le futur pour voir comment faire pour que cette diplomatie toujours active soit le fer de lance de la nation dans ses batailles futures.
Le diplomate tunisien

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