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Le FMI publie un rapport sur la situation économique en Tunisie

Le 28 septembre 2018, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) achevait le quatrième examen du programme économique de la Tunisie qui est appuyé par un accord au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC). Il a validé dans la foulée le versement d’une nouvelle tranche de prêt à la Tunisie pour un montant de 247 millions de dollars, portant le total des aides financières débloquées à environ 1,4 milliard de dollars sur les 2,9 milliards prévus dans le cadre de cet accord signé fin mai 2016 et conditionné par un programme de réformes économiques. Le 8 octobre, c’est un rapport exhaustif de 88 pages qui a été publié par l’institution pour fournir le détail des conclusions issues de ce quatrième examen.

La reprise se poursuit lentement en Tunisie, malgré un environnement difficile marqué par l’élévation des préoccupations sociopolitiques et une nouvelle hausse des prix du pétrole, dit en substance le FMI dans son rapport. La croissance s’est accélérée pour atteindre 2,8% au deuxième trimestre, tirée par l’agriculture et le tourisme. Bien qu’elle reste très élevée, l’inflation a ralenti pour s’établir à 7,5% en août et le déficit du compte courant pour le premier semestre s’est amélioré d’un pourcentage de PIB. « Cependant, les investissements restent faibles, le chômage élevé, en particulier chez les jeunes et les femmes, et le pouvoir d’achat des Tunisiens s’érode. Le déficit budgétaire à la fin de juillet était cependant inférieur aux prévisions, reflétant les mesures fiscales de 2018 », explique le FMI.

Le rapport explique aussi que les autorités ont satisfait à tous les critères de performance quantitatifs et mis en œuvre deux des trois critères de référence structurels prévus pour le quatrième examen, notamment les adjudications de devises concurrentielles par la banque centrale.

Quelles perspectives ?

En 2018, la croissance devrait atteindre au moins 2,6%, l’inflation devrait être contenue à une moyenne de 7,8%, et les déficits extérieur et budgétaire devraient s’améliorer pour la première fois depuis 2014. Les réserves internationales devraient légèrement augmenter pour couvrir désormais trois à quatre mois d’importations. L’institution estime nécessaire de mener des réformes en matière de subventions énergétiques et de contrôles stricts des embauches et des rémunérations dans le secteur public. Un resserrement monétaire pour contenir l’inflation sera essentiel pour protéger la reprise en cours et affermir la stabilisation dans un contexte difficile tant au niveau domestique qu’extérieur. Pour le FMI, de grands efforts doivent ainsi être déployés pour atteindre les objectifs budgétaires convenus. « Un resserrement monétaire supplémentaire est nécessaire pour réduire l’inflation. La BCT a démontré son attachement à la stabilité des prix grâce à la hausse des taux directeurs, mais les taux d’intérêt directeurs restent négatifs en termes réels. Ainsi, le taux directeur devrait encore augmenter pour éviter une nouvelle érosion du pouvoir d’achat de la monnaie locale ». Le FMI recommande le rétablissement des équilibres extérieurs grâce à un resserrement soutenu des politiques macroéconomiques, ce qui contribuera à « atténuer l’incidence de la dépréciation du taux de change sur la dette ».

Quels risques ?

Des « dérapages » restent possibles dans la mise en œuvre d’une nouvelle politique économique de redressement en raison de la persistance des tensions sociopolitiques. Les risques externes comprennent eux la persistance de prix élevés du pétrole, la montée des tensions commerciales, la détérioration de la confiance vis-à-vis des marchés émergents et le durcissement des conditions de financement dans le monde. Ces éléments pourraient peser sur les comptes extérieurs et budgétaires et compromettre les futures émissions d’obligations souveraines.

N.B.

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