Un berger tunisien boit de l’eau d’une source près de son troupeau, dans la province de Beja, au nord de la Tunisie, où l’eau est devenue au fil des années une ressource rare. Photo : AFP

Le FTDES met en garde contre les pénuries d’eau en Tunisie

Si la crise du covid-19 nécessite la prise de mesures préventives spécifiques et des conditions d’hygiène drastiques, la majorité des Tunisiens, surtout en milieu rural, en sont encore à souffrir d’une pénurie structurelle d’eau et d’une absence de dispositifs d’assainissement. C’est ce que déplore le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES) ce mardi, en précisant que selon les données de l’Observatoire tunisien de l’eau, environ 300 alertes à l’échelle nationale concernant des coupures d’eau et des mouvements sociaux revendiquant le droit à l’eau ont été enregistrées.

Face à cette situation, ces Tunisiens « assoiffés » ont eu recours à l’approvisionnement en eau provenant des « Sebkhas et des lacs pollués » ou encore à l’achat d’eau auprès de revendeurs de produits de qualité non reconnue, « ce qui menace leur vie et leur santé », signale encore le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES).

Dans ce même contexte, le ministère de la Santé a annoncé, le 22 Mai 2020, l’enregistrement de plusieurs contaminations par le virus de l’hépatite A et la fièvre typhoïde. Des maladies qui se transmettent principalement par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés et par la médiocrité des conditions d’assainissement et d’hygiène.

« A cette fin, nous, Nomad08 (Observatoire tunisien de l’eau) et le FTDES, tenons à rappeler comment réagir face à une telle épidémie et quelles mesures nécessaires l’on peut revendiquer aux différentes autorités », indiquent les deux organismes dans un communiqué commun.

En 2018 déjà, Nomad08 et le FTDES avaient mené une enquête sur la responsabilité des différentes autorités dans la crise liée à l’épidémie de l’hépatite A qui a engendré la mort d’un écolier dans la délégation de Majel Bel Abbes en avril 2017. « Les résultats de cette enquête ont révélé que cette crise est principalement liée à l’absence d’eau potable, au manque d’information sur la situation sanitaire (voire des tentatives avérées de désinformation), à la faible prise en charge médicale (dépistage, vaccination, etc.), au manque de moyens des écoles et à l’absence de mesures spécifiques [visant à prévenir] les problèmes de l’eau dans un […] contexte notamment [marqué par] un manque de coordination entre les différents services publics et les autorités régionales et locales », souligne le communiqué, qui note aussi que cette situation s’explique aussi par une « relative absence de responsabilité ».

Un guide spécifique pour les populations affectées

Les deux organisations estiment qu’il « incombe aux autorités de fournir des moyens suffisants à toutes les écoles pour qu’elles bénéficient d’eau potable et de services d’assainissement de qualité ». En attendant, pour préserver la santé des enfants, le FTDES a estimé nécessaire d’élaborer un guide pour sensibiliser sur les droits dont peuvent se prévaloir les populations affectées.

Ce guide a été réalisé en collaboration entre le FTDES, Nomad08, l’Association tunisienne de défense du droit à la santé, l’Association maghrébine de sécurité sanitaire des aliments, et l’Association de la défense de la santé publique et de ses usagers. Le but est de fournir des informations utiles pour savoir comment prévenir ou réagir à une épidémie, et notamment pour faire connaître les mesures nécessaires que l’on peut réclamer aux différentes autorités.

« Nous appelons donc les autorités et la société civile à utiliser et diffuser ce guide au maximum, en particulier dans les milieux ruraux », plaident encore les associations.

N.B.

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