Natalia Kanem, directrice exécutive du FNUAP, à la tribune du Sommet international de Nairobi pour la population et le développement. Photo : AFP

Le Kenya s’engage à éradiquer l’excision d’ici 2022

Inauguré par le président kényan, Uhuru Kenyatta, le Sommet international de Nairobi pour la population et le développement s’est penché durant trois jours sur des thématiques relatives aux droits des femmes. Les principaux thèmes du sommet ont concerné la santé sexuelle et reproductive, la lutte contre le mariage précoce et contre les mutilations génitales.

Dix milliards de dollars d’engagements ont déja été annoncés le 14 novembre 2019. Une somme qui devrait contribuer à permettre d’atteindre trois objectifs majeurs : « éradiquer la mortalité maternelle, mettre fin aux violences faites aux femmes et aux filles et répondre aux besoins de planning familial et à la contraception », indique Franceinfo Afrique.

« Alors que nous célébrons les progrès remarquables accomplis en matière de santé et de droits des femmes, nous devons redoubler d’efforts afin d’honorer les promesses de la CIPD (Conférence internationale pour la population et le développement) au profit de celles et ceux qui n’en ont pas encore bénéficié », a pour sa part déclaré, dans un communiqué, Natalia Kanem, directrice exécutive de l’UNFPA (Fond des Nations unies pour la population). « Le Sommet de Nairobi nous aidera à rassembler une coalition élargie de parties prenantes afin de défendre les acquis et de faire progresser le programme de la CIPD veillant à ce que personne ne soit laissé de côté. »

Des progrès importants mais non suffisants

« Des progrès ont été faits dans le monde entier », a déclaré lors d’une conférence de presse Arthur Erken, directeur de la communication de l’UNFPA. « Lorsque nous nous sommes réunis au Caire en 1994, les femmes dans les pays les moins développés avaient plus de 6 enfants. Aujourd’hui, c’est 4. (…) S’agissant de la mortalité en couches, nous parlions de 1600 femmes par jour à cette époque. Aujourd’hui, nous parlons de 800. Il y a un progrès, mais nous devons accélérer, ce n’est pas assez. »

« Investir dans les droits des femmes et des filles est positif en soi, mais cela conduit également à d’énormes bénéfices qui accélèrent un développement soutenable en termes de réduction des inégalités, de la pauvreté et du chômage », a souligné le vice-président kényan, William Ruto, en clôture de ce sommet hier jeudi 14 novembre.

A Nairobi, 160 pays et des centaines d’ONG entendent mettre en œuvre un plan d’actions locales afin d’atteindre ces objectifs. Le Kenya comme d’autres pays africains se sont engagés à éradiquer l’excision. Le président kenyan, hôte du sommet, a ainsi lancé la campagne « zéro mutilations génitales féminines » d’ici 2022.

Engagements publics et privés

Le Sommet, convoqué par les gouvernements du Kenya et du Danemark avec le FNUAP, a dévoilé de nouvelles données cruciales sur le coût de la réalisation de ces objectifs. Il a mobilisé plus de 1200 engagements du monde entier, dont des milliards de dollars de contributions de partenaires des secteurs public et privé. Il a également permis de faire entendre la voix des communautés marginalisées par la mobilisation de jeunes militants qui « ont été en mesure d’engager directement les chefs d’Etat et les décideurs politiques sur la manière de réaliser les droits à la santé de tous », indique un communiqué publié par le portail Web du sommet.

Plusieurs gouvernements, dont l’Autriche, le Canada, le Danemark, la Finlande, la France, l’Allemagne, l’Islande, l’Italie, la Norvège, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède, ainsi que la Commission européenne, se sont engagés à apporter un soutien d’environ un milliard de dollars. Le secteur privé est également intervenu : le Fonds d’investissement pour l’enfance (CIF), la Fondation Ford, Johnson & Johnson, Philips, World Vision et de nombreux autres organismes ont annoncé qu’ils mobiliseraient environ 8 milliards de dollars.

Plus de 9 500 délégués de plus de 170 pays ont pris part à cette conférence inclusive qui s’unit derrière la Déclaration de Nairobi, qui établit un programme commun pour mener à bien le programme d’action de la CIPD, lit-on aussi sur ce communiqué.

Un grand absent, les Etats-Unis

Franceinfo souligne qu’une absence a toutefois été remarquée, celle des Etats-Unis. « Depuis 2017, l’administration Trump ne finance plus le FNUAP, co-organisateur de cette conférence. Washington s’est également retiré d’autres organisations des Nations unies, notamment celles engagées dans la lutte contre le réchauffement climatique. »

Nejiba Belkadi, avec Franceinfo Afrique

A voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A ne pas manquer