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Le monde nous observe!

Par Mustapha KHAMMARI

Journalistes, diplomates et autres experts scrutent nos horizons, observent nos querelles et se perdent en supputations et conjectures pas toujours bien intentionnées.
Ils usent et abusent de nos réelles fragilités économiques sociales et politiques pour distiller davantage de doutes et nourrir discordes et divisions au service d’on ne sait quels intérêts stratégico-politiques : L’ordre international nouveau veut gérer seul le monde.
Ce n’est nullement verser dans la « complotite » ou avancer des idées reçues que d’affirmer que l’expérience tunisienne dérange parce qu’elle échappe jusqu’à date aux tentatives de domestication par « les tireurs de ficelles » des stratèges de la déstabilisation. Ceux-là mêmes qui veulent confisquer les destinées des peuples qui aspirent à prendre en mains leur présent et leur devenir.
On considère la Tunisie comme un laboratoire d’expérimentation géopolitique : Démocratie, gouvernance, droits de l’homme sont-ils compatibles avec islamisme ?
La modernité bourguibienne peut-elle survivre au radicalisme religieux ? La Tunisie peut-elle se créer un mode de gouvernement capable de concilier tous les courants qui traversent la société tunisienne ?
Que la Tunisie ait connu en sept ans beaucoup plus de gouvernements qu’elle n’en a connu en soixante ans… Que l’économie tunisienne subisse sa plus grande crise depuis l’indépendance et que la classe politique y échoue à réaliser la stabilité sans laquelle il ne peut y avoir de progrès…
Voilà à grands traits les titres des interrogations qui intéressent les « observateurs » et interpellent les tunisiens.
Légitime questionnements voire inquiétudes tunisiennes alors que « la Révolution du jasmin » fut amplement et unanimement encensée d’Est en Ouest et que de partout avaient fusé -sans lendemains -les promesses de soutien du « pays qui a lancé le printemps arabe ».
Au fait, tout porte à croire que l’occasion était belle pour les puissances d’argent et autres régimes peu amènes à l’égard de « la menace démocratique » de mettre le nez dans ce « mauvais exemple tunisien » porteur de risque de « contamination » !
De l’autre bord, d’autres puissances porteuses de « diktats » de démocratie conditionnelle au service d’intérêts stratégiques et exercée « only one way« .
Autrement dit, à la manière pascalienne de « la vérité des Pyrénées». Voyez les conséquences dramatiques des printemps d’Irak et de Libye ainsi que de la poursuite de l’injustice révoltante commise contre le peuple palestinien.
Qui se soucie des droits de ces peuples soumis aux pires crimes que l’humanité ait eu à connaitre ?
Notre superbe adage qui dit qu’il n’y a pas de chat qui chasse pour Dieu…traduit la véritable signification sélective des Droits de l’Homme : un paravent au service des intérêts des puissants…
La leçon est que tous ces discours qui encensent notre pays comme notre si opportun prix Nobel ne doivent ni gonfler nos égos, ni suspendre notre vigilance mais la renforcer contre toutes les tentatives de déstabilisation qui visent notre pays et qui occupent nuit et jours ceux qui observent nos fragilités et nos défaillances.
Notre devoir de patriotes est de comprendre que l’Irak, la Libye, la Syrie entre autres étaient, il y a peu, des pays où nonobstant les aléas des Droits et libertés, les populations vivaient leurs vies dans leurs villes et villages dans la quiétude et la prospérité.
Fuyant leurs villes en ruine, ces populations sont aujourd’hui condamnées à l’errance…
Ayons toujours en mémoire que cela n’arrive pas qu’aux autres et que quelles que soient nos différends, le pays a besoin de travail et de stabilité et que les urnes seules doivent être le recours ultime, loin des bras de fer et des querelles stériles.
MK.

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