Kais Saied et Nabil Karoui sont en lice pour le second tour de l'élection présidentielle. Photo : AFP

Le porte-parole de Karoui appelle Tahya Tounes à prendre position entre les deux candidats du second tour

Hatem Mliki, le porte-parole de Nabil Karoui, a appelé le parti Tahya Tounes, dirigé par Youssef Chahed, à prendre position de manière claire et définitive sur les deux candidats encore en lice pour le second tour de l’élection présidentielle.

L’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) a publié mardi ses résultats définitfs : le juriste indépendant Kais Saied et le candidat de Qalb Tounes Nabil Karoui sont les deux grands gagnants du premier tour de l’élection présidentielle. Le spécialiste en droit constitutionnel Kaïs Saied est arrivé en tête avec 620 711 voix (18,4 %), devançant Nabil Karoui qui a recueilli 525 517 suffrages (15,5 %).

Pour barrer la route au populaire M. Saied, le parti Qalb Tounes s’est dit prêt à « dialoguer avec tous les partis politiques, à l’exception d’Ennahdha », dans cette « phase cruciale que nous vivons » marquée par « la gravité des défis à relever », a indiqué Mliki à l’agence TAP. Il a assuré que les dirigeants de Qalb Tounes étaient « en contact direct avec toutes les composantes de la scène politique, sur la base de son programme électoral ».

Priorité aux questions économiques et sociales

« La situation a changé aujourd’hui et la classe politique doit comprendre le message du peuple tunisien », a-t-il affirmé, assurant que sa formation était « ouverte » aux négociations avec toutes les composantes de la scène politique. Alors que la famille politique de M. Karoui accusait sans cesse Youssef Chahed d’instrumentaliser la justice pour procéder à l’arrestation du magnat des médias, elle reconnaît aujourd’hui la nécessité d’une alliance avec son parti. Tahya Tounes reste « l’un des éléments importants de la sphère politique tunisienne », a expliqué Hatem Mliki.

Il a par ailleurs appelé tous les partis politiques à « réfléchir à l’avenir de la Tunisie » et à « éviter les polarisations et les pressions ». Pour lui, les résultats du premier tour de l’élection présidentielle montrent clairement que « le peuple tunisien est davantage préoccupé par les questions économiques et sociales ».

M. Karoui reste en prison

Incarcéré depuis le 23 août à la prison de Mornaguia en vertu d’un mandat de dépôt émis par la chambre d’accusation de la cour d’appel de Tunis, Nabil Karoui est sous le coup d’une enquête pour blanchiment d’argent et évasion fiscale. L’autorité judiciaire est la seule à même de déterminer le sort de ce candidat, qui relève de l’imbroglio politique et judiciaire. Yadh Achour lui-même à indiqué que l’affaire Karoui constituait une véritable impasse judiciaire.

Dans un entretien à La Croix, il a exliqué que « la rumeur sur la libération de Nabil Karoui est tenace. Mais le dernier recours pour sa remise en liberté a été rejeté par la Cour de cassation. On voit mal, de ce fait, comment il pourrait être libéré. Le second tour de la présidentielle aura lieu, comme le premier, avec un candidat derrière les barreaux. Sauf si l’autre rumeur, sur l’invalidation de sa candidature, était avérée ». Selon M. Ben Achour, seul le juge d’instruction en charge de l’affaire est légalement habilité à ordonner la libération de Karoui contre qui aucun jugement définitif n’a été rendu.

Par ailleurs, le juge Ahmed Souab estime qu’il est possible d’exclure légalement le candidat Nabil Karoui de la course à la présidentielle. Une possibilité qui se réaliserait dans le cas où l’ISIE, la Cour des Comptes et le Tribunal Administratif arrivent à juger conjointement que la « publicité politique » menée par la chaîne Nessma TV en faveur du candidat Karoui durant et en dehors de sa campagne électorale, constituait un financement de cette campagne, voire un dépassement du financement légal.

N.B.

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