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Le roi des Belges exprime ses « profonds regrets » pour le passé colonial au Congo

Le roi Philippe de Belgique, monarque depuis juillet 2013, a présenté pour la première fois dans l’histoire du pays « ses plus profonds regrets pour les blessures » infligées au peuple congolais lors de la période coloniale belge en RDC, mardi 30 juin à l’occasion du 60e anniversaire de l’indépendance.

Dans une lettre adressée mardi au président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, le roi Philippe écrit : « A l’époque de l’Etat indépendant du Congo [quand ce territoire africain était la propriété du roi Léopold II], des actes de violence et de cruauté ont été commis, qui pèsent encore sur notre mémoire collective. La période coloniale qui a suivi [celle du Congo belge, de 1908 à 1960] a également causé des souffrances et des humiliations. Je tiens à exprimer mes plus profonds regrets pour ces blessures du passé dont la douleur est aujourd’hui ravivée par les discriminations encore trop présentes dans nos sociétés. »

Le roi Philippe, qui règne depuis 2013, a également assuré qu’il s’engagerait à « combattre toutes les formes de racisme ». « J’encourage la réflexion qui est entamée par notre Parlement afin que notre mémoire soit définitivement pacifiée », a-t-il écrit.

« Reconnaître la souffrance de l’autre »

« L’heure est venue pour la Belgique d’entamer un parcours de vérité » à propos de son passé colonial, a à son tour affirmé mardi la première ministre belge, Sophie Wilmès, à Bruxelles, en saluant les propos forts et inédits du roi Philippe. « Tout travail de vérité et de mémoire passe d’abord par la reconnaissance de la souffrance de l’autre », a ajouté la dirigeante libérale.

 

Pour la dirigeante belge, la question coloniale nécessite un débat approfondi « impliquant les différentes composantes belges et nos partenaires congolais ». Elle a indiqué que le Parlement a décidé de se pencher sur le passé colonial de la Belgique dans une commission dédiée. « Il ne s’agit pas ici de réécrire l’histoire mais de mieux la comprendre. Car nous ne serons pas capables d’écrire un nouveau chapitre sans connaître ceux qui l’ont précédé. C’est nécessaire pour construire l’avenir. »

Le meurtre, par plaquage ventral, de l’Afro-Américain George Floyd le 26 mai par un policier blanc à Minneapolis, a rouvert les plaies du racisme et des violences ethniques aux Etats-Unis, mais également partout dans le monde. En Belgique, cette affaire a ranimé le débat sur les violences commises lors de la période coloniale au Congo et le rôle très controversé du défunt roi Léopold II, accusé par des activistes d’avoir été responsable de la mort de millions de Congolais.

N.B., avec agences

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