Siciliens de Tunisie

L’écrivain Aurélia Gantier publie le premier tome d’une fiction inspirée de l’histoire des Siciliens de Tunisie

L’écrivain Aurélia Gantier vient de publier un livre, une fiction intitulée « Les Volponi « . Genèse tunisienne, aux éditions Une heure en été, dont l’histoire des personnages est inspirée de celle d’une communauté de Siciliens de Tunisie dans les années cinquante, une communauté aujourd’hui presque entièrement disparue et dont l’écrivain elle-même est issue.

Guilaine Depis, son attachée de presse, explique qu’Aurélia Gantier, co-fondatrice, vice-présidente et trésorière Bénévole du Women’s WorldWide Web, a pris très tôt conscience par son histoire familiale de la difficulté d’être une femme dans des milieux traditionnellement dominés par des moeurs machistes. « Cette militante resplendissante et passionnée des droits de l’Homme en général et des droits de la femme en particulier voue une admiration sans borne aux femmes de sa lignée auxquelles elle rend hommage dans une saga en trois tomes : les Volponi », explique-t-elle.

« Moteur de sa création littéraire comme de ses combats politiques humanistes, l’héritage familial de l’auteure trouve avec cette saga une véritable sublimation dans ce récit qui rend ses aînées éternelles », dit-elle, ajoutant que le premier tome de cette saga fournit une mine d’informations sur le statut des femmes siciliennes de Tunisie, emblématique de celui de tant de femmes dans le monde « victimes au mieux du machisme, au pire de violences de la part des hommes », un phénomène toujours d’actualité.

Exil forcé

Le blog littéraire Argoul.com explique aussi que cette saga familiale provient de la fascination de l’auteure pour le destin de la communauté des Siciliens de Tunisie. « Tout commence l’été 1947 à Ben Arous, à quelques kilomètres de Tunis. La famille Panzone s’est installée, a prospéré, a accouché de six enfants dont la dernière est une fille appelée Crocefissa ». Celle-ci subira un mariage forcé et aura des enfants « soumis à la discipline paternaliste et rigoureuse du temps des colonies et des mœurs quasi-arabes ». Mais plus tard dans le roman, « tous devront quitter la Tunisie en proie au nationalisme anticolonial, aux manifestations, aux attentats et au racisme contre les Blancs, même pauvres, mêmes métèques, même dominés comme les indigènes. Les enfants sont Français de naissance sans le savoir, mais les parents sont restés Italiens. La demande de nationalité française n’est qu’une formalité et ils la font lorsque les ‘événements’ de la fin des années 1950 conduisent le Protectorat à reculer au profit de l’Indépendance », explique le blog.

Le roman s’arrête à cette période, l’exode en France sera l’objet du tome suivant. « La communauté sicilienne de Tunisie a disparu et les personnes qui ont vécu à cette période ne sont plus. Ce roman est aussi le roman d’une mémoire, celle des ancêtres maternels d’Aurélia Gantier », conclut la chronique du blog littéraire.

N.B.

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