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Une Nord-coréenne présente sa carte d'identité pour pouvoir voter, le 10 mars 2019 à Pyongyang. — Ed JONES / AFP

Législatives en Corée du Nord : des élections sans suspense

Ce dimanche, le dirigeant suprême Kim Jong-un, et l’ensemble des Nord-Coréens, se sont rendus aux urnes pour élire les 687 députés de l’Assemblée populaire suprême, le Parlement nord-coréen.

Une élection toutefois bien particulière : dans ce régime considéré comme dictatorial et comme l’un des plus répressifs au monde, seul un candidat est autorisé à se présenter par circonscription. Un candidat de surcroît désigné par le Parti des travailleurs au pouvoir.

« Les électeurs peuvent en théorie rayer ce nom avant de voter, mais personne ne prend un tel risque. Selon les observateurs, ce simulacre d’élection permet au pouvoir de légitimer sa politique et de tester la loyauté des citoyens », explique Euronews.

Lors des dernières élections législatives en 2014, le taux de participation s’était élevé à 99,97 %, et les candidats désignés par le parti au pouvoir avaient obtenu 100 % des voix dans leurs circonscriptions, d’après les chiffres de l’agence de presse officielle KCNA.

Un rite

En l’absence de compétition électorale, les analystes estiment que l’exercice électoral en Corée du Nord constitue un « rite » qui permet aux responsables de revendiquer un mandat soutenu par la population. Le vote résulte « de l’inertie institutionnelle et du besoin de légitimer le gouvernement en simulant des procédures démocratiques », explque Andrei Lankov, du Korea Risk Group, cité par l’AFP.

« La Corée du Nord ne fait qu’imiter les autres Etats communistes », explique-t-il encore. « Les premiers communistes pensaient sincèrement créer une nouvelle démocratie jamais vue dans le monde. Ils avaient donc besoin d’élections et elles sont devenues une étape importante de l’auto-légitimation. »

Pour les Nord-Coréens, la participation au vote, comme tous les « rituels obligatoires » observés dans ce pays, renforce la loyauté du peuple envers le gouvernement et consolide l’unité sociale car les êtres humains « adorent les symboles », relève Andrei Lankov.

N.B., avec AFP et Euronews

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