Union africaine
Le président sortant de l’Union africaine, le Rwandais Paul Kagame (à gauche), et le nouveau président de l’Union, l’Egyptien Abdel Fattah Al-Sissi, à Addis-Abeba, le 10 février 2019. SIMON MAINA / AF

L’Egypte prend la tête de l’Union africaine

Le chef de l’Etat égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a officiellement pris dimanche la présidence tournante de l’Union africaine (UA) lors de la cérémonie d’ouverture du sommet, succédant à son homologue rwandais Paul Kagame, qui achève une présidence particulièrement active à la tête de l’organisation.

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Le président rwandais Paul Kagame, qui a multiplié les initiatives durant son année à la tête de l’UA et dont le bilan est jugé contrasté, a passé le relais dimanche 10 février à l’Egypte lors d’un sommet de l’organisation tenu à Addis Abeba.

Au menu de la cérémonie d’ouverture du sommet, prévu pour durer deux jours, figurent la poursuite des réformes institutionnelles devant être conduites par cette organisation comptant 55 membres, l’établissement de la Zone de libre-échange continentale (Zlec) et les crises que traverse le continent africain. Sissi s’est déjà engagé à poursuivre certains efforts déployés par son prédécesseur, à commencer par la Zlec, un des projets phares de l’UA pour renforcer l’intégration du continent.

M. Kagame était parvenu en mars 2018 à obtenir la signature de 44 pays sur l’accord d’établissement de la Zlec, mais cette initiative doit maintenant être menée à son terme par son homologue égyptien : 19 pays ont à ce jour ratifié l’accord, alors que 22 ratifications sont nécessaires pour qu’il entre en vigueur. L’Egypte « souhaite renforcer sa position sur le continent africain et ne pas être considérée comme un pays tourné uniquement vers le monde arabe », souligne Liesl Louw-Vaudran, de l’Institut pour les études sur la sécurité (ISS) cité par France 24.

Maintien de la paix

Sissi devrait cependant se démarquer de son prédécesseur en axant sa présidence sur la sécurité, le maintien de la paix, et la reconstruction post-conflit, des questions étroitement liées au thème de l’UA choisi pour 2019, année des « réfugiés, rapatriés et personnes déplacées ».

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, présent à Addis Abeba, a estimé samedi qu’un « vent d’espoir » souffle actuellement sur l’Afrique, après une série d’élections pacifiques (RD Congo, Madagascar, Mali), de mises en place d’accords de paix (Soudan du Sud, Centrafrique) et d’initiatives de réconciliation (Ethiopie-Erythrée). Les observateurs n’attendent toutefois pas de Sissi un mandat aussi actif que celui de Kagame, les grandes puissances étant généralement réticentes à une UA trop forte ou trop intrusive. Surtout, observe un diplomate africain cité pat France 24, que l’Egypte n’a jamais digéré sa suspension de l’UA en 2013, actée en réponse à la destitution par l’armée de l’islamiste Mohamed Morsi, premier président démocratiquement élu en 2012.

Craintes

L’organisation humanitaire Amnesty International a fait part de ses inquiétudes quant à l’impact du mandat de Sissi à la tête de l’UA sur les mécanismes d’évaluation des droits humains en Afrique, accusant l’Egypte d’avoir conduit ces dernières années des attaques politiques haineuses contre la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples.

N.B., avec AFP et France 24

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