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Tim Mossholder via Unsplash

Les ânes africains sont massacrés pour fournir la médecine traditionnelle chinoise

Après les tigres chassés pour leurs os et les rhinocéros mutilés en vue de l’obtention de leur corne qui soignerait le cancer, c’est au tour des ânes de voir leur population menacée par les besoins de la médecine traditionnelle chinoise, avertit le média français Slate.

En effet, des milliers de spécimens sont massacrés à travers le monde pour « subvenir à la demande en ejiao, une mixture obtenue à partir de la peau de ces équidés », utilisée en médecine traditionnelle chinoise pour traiter l’anémie, les problèmes de reproduction et l’insomnie. « Egalement employé dans des cosmétiques, l’ejiao est un marché à plusieurs millions de dollars », indique le journal Slate.

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Le média en ligne explique que pour obtenir l’ejiao, il faut faire bouillir la peau des ânes pour en extraire la gélatine, substance principale de ce remède, dont l’efficacité n’est toutefois pas prouvée. Selon un rapport publié en 2016 par l’agence de presse publique chinoise Xinhua, environ quatre millions de peaux d’ânes sont nécessaires chaque année pour produire suffisamment d’ejiao pour le marché chinois de la santé. La Chine, dont la population d’ânes ne dépasse pas les deux millions de bêtes, se tourne donc vers des pays en développement en Afrique ou en Amérique du Sud, pour importer des peaux à prix abordables.

L’abattage à grande échelle de ces animaux préoccupe aujourd’hui de nombreuses associations de protection des animaux. « Le taux de déclin auquel nous assistons dans les populations d’ânes de certains pays africains est dramatique et insoutenable », déclare, cité par Slate, Geoffrey Dennis, directeur général de SPANA (Société protectrice des animaux et de la nature), une organisation caritative qui cherche à améliorer le bien-être des animaux dans les communautés pauvres. Alors que la chasse sauvage et illégale décime déjà la faune sauvage africaine, « le commerce de peaux d’ânes est à l’origine de massacres sans précédent pour ces animaux domestiqués par les êtres humains il y a plus de 5000 ans », poursuit Slate.

Des ravages en Afrique

Parmi les pays les plus touchés figurent le Burkina Faso, le Mali, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Kenya, le Nigeria, l’Afrique du Sud, la Tanzanie ou encore le Botswana, où la population des équidés a chuté de 39 %, passant de 229 000 animaux en 2014 à 142 000 en 2016, selon la SPANA. Au Mali, environ 2000 ânes sont vendus pour l’abattage chaque semaine dans les sept principaux marchés de bétail du pays, précise pour sa part Slate.

Des ânes volés à leurs propriétaires

Un chiffre « affolant » auquel il faut ajouter celui des ânes volés à leurs propriétaires, relève Slate, qui précise qu’au Kenya, 705 ânes ont été dérobés dans le comté de Kajiado, entre décembre 2016 et mars 2017, selon Brooke East Africa, association de défense des animaux. « Des bêtes qui finissent souvent dans de petits abattoirs clandestins, où elles sont tuées dans des conditions inhumaines. Un drame pour la faune, mais également pour l’économie régionale, puisque retirer leurs ânes aux populations locales peut gravement amoindrir leurs moyens de subsistance. »

Des associations tentent toutefois de freiner ce phénomène de sape. L’association de protection des ânes Donkey Sanctuary était ainsi parvenue en décembre 2017 à convaincre l’entreprise américaine de commerce en ligne eBay de cesser la vente d’ejiao. Elle fait aussi « pression sur les gouvernements africains pour qu’ils appliquent les restrictions existantes sur le commerce de la peau », précise encore Slate.

Ce travail de longue haleine en matière de sensibilisation et de pression commence à porter ses fruits. Ainsi, en 2017, le Botswana et la Tanzanie ont suivi l’exemple du Niger, qui interdit les exportations et restreint le commerce des peaux d’ânes depuis 2016.

N.B.,avec Slate.fr

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