La communauté internationale reconnaît de plus en plus que le changement climatique est peut-être le plus grand défi auquel l'humanité est confrontée au 21e siècle. (Photo : AFP)

Les changements climatiques placent l’Afrique du Nord dans une zone à haut risque

De nombreuses régions d’Afrique du Nord, notamment la Tunisie et l’Algérie, ont connu une forte diminution des précipitations au cours des 50 dernières années. Certains experts affirment que ce manque de précipitations s’aggravera à l’avenir.

L’organisme de recherche allemand, le Max Planck Institute, rapporte que certaines régions d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient pourraient devenir invivables au cours des 100 prochaines années.

Essia Guezzi, chargée de projet sur le climat et l’énergie au sein du Fonds mondial pour la nature, a confié à VOA que « nous constatons des températures plus élevées et un stress hydrique croissant [dans la région] ». Elle a noté que l’élévation du niveau de la mer menaçait également les personnes vivant à proximité de la côte. En particulier, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, les températures estivales augmenteraient deux fois plus vite que la moyenne mondiale, d’après les prévisions de la société Max Planck. L’organisme prévoit que des températures extrêmes de 46 ° C ou plus seront environ cinq fois plus probables d’ici 2050 qu’au début du millénaire. « Dans ce contexte, ce ne sont pas seulement des températures plus chaudes, mais aussi des tempêtes de poussière et des sécheresses plus longues qui vont toucher la région », indique Andrew Hammond, associé à LSE IDEAS à la London School of Economics, dans les colonnes d’Arab News.

Ces questions seront discutées par les dirigeants mondiaux lors de la conférence des Nations Unies sur le climat qui se tiendra le mois prochain à Madrid, en Espagne. « Le Maroc a été qualifié de leader dans la lutte contre les effets du changement climatique. Mais les experts affirment que l’Afrique du Nord, dans son ensemble, doit faire beaucoup plus. Certains pays sont aux prises avec des conflits et des troubles civils. D’autres, comme l’Algérie et la Libye, souffrent d’une économie dépendante du pétrole », indique Voice of America.

Essayer de renverser la vapeur

En Tunisie, les réserves d’eau souterraine douce diminuent rapidement. Environ les deux tiers des terres sont menacées par le manque de pluie et la perte d’arbres. Un rapport du ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas datant de 2018 indique que les effets du changement climatique pourraient ralentir la croissance de la Tunisie dans ses deux principales industries – le tourisme et l’agriculture, rapporte encore VOA.

Les responsables tunisiens envisagent de réduire la quantité de dioxyde de carbone produite par le pays à 41 % des niveaux mesurés en 2010 d’ici à 2030. Le dioxyde de carbone est lié au réchauffement de l’atmosphère terrestre. Cependant, selon certains observateurs, la Tunisie a mis du temps à associer le discours à l’action, commente VOA.

Dans un village tunisien, Samira Sghaier tente d’aider à changer les choses, au moins dans sa communauté. Elle et d’autres agriculteurs de la région ont commencé à planter des acacias pour aider à réduire l’érosion des sols . Ils plantent également du moringa, une plante à croissance rapide appréciée pour ses qualités nutritionnelles et médicinales. L’objectif était d’aider à lutter contre le changement climatique, tout en générant des revenus pour vivre. Mais la réalité du terrain n’est pas aussi favorable. Elle a déclaré à VOA que si tout le monde aimait les nouveaux produits, pouvoir effectivement les vendre constituait en revanche un vrai problème. « Il est difficile de trouver un marché », a-t-elle déploré.

Les pays d’Afrique du Nord tentent de nouvelles mesures

L’Union africaine a lancé une initiative intitulée la « Grande muraille verte ». Le projet vise à restaurer les terres endommagées dans les zones situées au sud du Sahara. Gilles Boetsch, directeur d’une équipe scientifique française travaillant avec des chercheurs sénégalais dans la région, indique pour sa part que la solution serait de « replanter des arbres, ce qui pourrait ramener le Sahel à ce qu’il était il y a environ 60 ans ».

M. Boetsch affirme que de nombreux arbres périssent et doivent être remplacés. Et les conflits dans certains pays du Sahel rendent certaines zones difficiles à atteindre. En Afrique du Nord, certains projets nationaux de lutte contre le changement climatique font la différence. La Tunisie présentera ainsi un projet de protection des oasis lors de la conférence de Madrid sur le climat.

Les agriculteurs locaux du nord de l’Algérie demandent de leur côté l’aide d’experts mexicains pour planter des cactus de figues de Barbarie, indique encore VOA. Cette plante du désert a besoin de peu de précipitations et pourrait représenter une source de revenus pour le pays. L’Algérie tente également de redoubler ses efforts en vue de remettre sur pied un projet de reboisement qui, jusqu’ici, n’a pas donné de bons résultats.

A l’échelle globale, « il est clair que les dirigeants mondiaux doivent intensifier leurs ambitions collectives en matière de climat dans les années 2020 en prenant des mesures urgentes et sans précédent », alerte Andrew Hammond. Cela nécessite un véritable sens politique, en particulier dans le contexte de l’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, selon laquelle il pourrait ne rester qu’une dizaine d’années environ pour prévenir les pires impacts du réchauffement planétaire « galopant », souligne-t-il.

La Conférence des Nations unies sur les changements climatiques COP25 (du 2 au 13 décembre 2019) se déroulera sous la présidence du gouvernement du Chili et sera organisée avec le soutien logistique du gouvernement espagnol. L’objectif de la conférence est de passer aux étapes suivantes du processus ONU Changements climatiques, qui sont cruciales. L’un des objectifs clés définis après l’adoption des directives de mise en œuvre de l’Accord de Paris, conclu l’an dernier lors de la COP24 en Pologne, est d’accomplir plusieurs tâches pour la réalisation intégrale de l’accord de Paris sur le changement climatique.

N.B., avec VOA et Arab news

A voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A ne pas manquer