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Les conflits commerciaux menacent « à brève échéance » la croissance économique mondiale, prévient le FMI

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Tout en maintenant pour le moment sa prévision d’expansion pour 2018, le Fonds monétaire international (FMI) a prévenu lundi que le conflit commercial entre les Etats-Unis et ses partenaires pourrait compromettre à court terme la croissance économique mondiale.

Le FMI, qui prévoit une croissance de 3,9% pour l’économie mondiale cette année, a estimé que « le risque que les tensions commerciales actuelles s’intensifient encore, avec un impact négatif sur la confiance, les marchés et l’investissement, représente à court terme la menace la plus grande pour la croissance mondiale ». Le conseiller économique en chef du FMI, Maurice Obstfeld, a par ailleurs prévenu que « si les menaces actuelles sur le commerce se réalisent et la confiance des entreprises s’érode, cela pourrait abaisser nos projections actuelles de l’ordre de 0,5 point d’ici 2020 ».

En cause : les mesures protectionnistes adoptées par les Etats-Unis de Donald Trump, qui se sont notamment traduites par l’instauration de taxes douanières de 25% sur les importations d’acier, 10% sur celles d’aluminium, taxes de 25% sur 50 milliards de marchandises chinoises.

Pour répondre à ces mesures, que d’aucuns qualifient de prémices d’une guerre commerciale, les principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis, dont le Canada, la Chine, l’Union européenne et le Mexique, ont répliqué en annonçant des taxes douanières sur des dizaines de milliards de marchandises américaines. Un conflit qui ne risque pas de s’arrêter puisque la Maison Blanche menace d’imposer des taxes de 10% sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises supplémentaires, mais également d’autres taxes de 25% sur les importations du secteur automobile, une industrie stratégique au coeur des échanges mondiaux. A l’heure actuelle, faute d’un apaisement du conflit, le FMI anticipe une baisse de la croissance du volume d’échanges de marchandises.

« La reprise économique a été insuffisamment partagée, ce qui a pu nourrir le repli sur soi »

La prévision mondiale du FMI cache par ailleurs de grandes disparités puisque celle des pays avancés (dont le Japon, l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni) a été abaissée.

Dans le détail, le Fonds estime en effet que la croissance des pays avancés devrait s’établir à 2,4% (-O,1 point) avec les Etats-Unis faisant la course en tête (+2,9%) sous l’effet de la réforme fiscale adoptée fin 2017 qui s’est traduite par une baisse d’impôts pour les ménages et les entreprises. Le Fonds a abaissé encore davantage sa prévision pour la zone euro (-0,2 point à 2,2%) avec des estimations moins optimistes pour l’Allemagne (-O,3 point à 2,2%), la France (-0,3 point à 1,8%) et l’Italie (-0,3 point à 1,2%), cette dernière ayant présenté ces derniers temps un climat d’incertitude politique.

L’économiste en chef du FMI relève par ailleurs que des ruptures d’approvisionnement et les tensions géopolitiques ont contribué à faire grimper le prix du pétrole, ce qui bénéficie aux pays exportateurs comme la Russie mais pénalise des importateurs tels que l’Inde. Le FMI recommande enfin aux gouvernements d’orienter leurs politiques vers plus d’équité économique, notamment en protégeant davantage les plus pauvres. Pour lui, la reprise économique a été insuffisamment partagée, ce qui a pu nourrir le repli sur soi.

Mais « éviter les mesures protectionnistes et trouver une solution coopérative, qui promeut la croissance du commerce des biens et services, demeurent essentiels pour préserver l’expansion mondiale », conclut l’institution.

Avec AFP

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