A l’instar de la Tunisie,en Egypte et dans d’autres pays arabes,le débat...

A l’instar de la Tunisie,en Egypte et dans d’autres pays arabes,le débat s’intensifie autour des droits des femmes dans la religion islamique

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Quand les tunisiens ont commencé à manifester en masse en 2010 contre le président déchu Zine el-Abidine Ben Ali, les égyptiens étaient dans les rues protestant contre Hosni Mubarak à peine un mois plus tard. L’influence de la Tunisie sur l’Egypte et le monde arabe de manière générale, continue à s’exercer pour englober d’autres questions relatives aux droits de la femme, à la religion et aux libertés individuelles.

Le dernier discours du président tunisien prononcé à l’occasion de la journée de la Femme a suscité un débat à l’échelle régionale. En effet, Béji Caied Essebsi s’est prononcé en faveur de l’égalité d’accès à l’héritage et du droit de toute femme d’épouser l’homme de son choix, même s’il n’est pas musulman. En Egypte, des voix se sont levées en faveur de ces réformes, de la part de féministes et d’activistes dans le domaine des droits de l’Homme. Craignant que son autorité religieuse ne soit menacée, Al-Azhar s’est empressé de dénoncer toute mesure pouvant toucher aux lois islamiques inchangées depuis des siècles, allant jusqu’à les considérer comme « une violation à la loi islamique ».

Parmi les opposants à toute réforme, nous trouvons Abbas Shoman, vice-président de l’Institut Al-Ahzar et Amr Hamrush, membre du Comité religieux égyptien de la Chambre des représentants.En même temps,plusieurs personnalités publiques egyptiennes ont confirmé leur soutien à la réforme tunisienne, espérant sans trop d’illusion un débat similaire dans leur pays et dans tout le monde arabe. Sur les réseaux sociaux, Sharif Al Shubashy a salué l’initiative audacieuse du leader tunisien « qui fait courageusement face au courant des extrémistes religieux à travers une réforme religieuse tenant compte des temps modernes ».

De son côté, Hoda Badran, présidente de l’Alliance pour les femmes arabes, a noté : «Le fait que le rôle économique joué par les femmes dans la société a totalement changé, nécessite un changement de leur part à la richesse de leurs familles, le cas échéant, nous devons aborder de nouvelles interprétations des textes religieux».

L’activiste libéral Khaled Montaser, s’est joint à ces voix en indiquant : « Tout change, ce qui oblige l’établissement religieux à reconsidérer l’interprétation des textes régissant les droits d’héritage des femmes… Les hommes de religion insistent sur l’application des textes religieux régissant l’héritage, même s’ils ne font pas de même en ce qui concerne d’autres problèmes ». Il a enfin appelé à une «révolution» religieuse pour moderniser et réformer l’égalité des sexes dans l’islam, en appuyant les demandes du président égyptien Abdel Fattah al-Sisi de moderniser le discours religieux.

La réforme tunisienne date de bien longtemps, avec le premier président Bourguiba, qui a mis tout en œuvre pour favoriser le rôle de la femme dans la société. Aujourd’hui, la Tunisie compte plus de 31% de femmes à l’ARP (contre seulement 14% en Egypte), plusieurs figures politiques féminines, des organisations florissantes de défense des droits de l’Homme, une loi visant à lutter contre la violence à l’égard des femmes et une constitution des plus progressistes dans la région, adoptée en 2014.

Récemment, Faika Fahim, députée égyptienne copte, est allé jusqu’à proclamer que la Tunisie ne faisait pas que réformer la charia islamique, mais elle appelait carrément « à une nouvelle religion ». Fahim n’a pas non plus soutenu la campagne très récente en Égypte promue dans les spots publicitaires mis en place par le gouvernement égyptien appelant à mettre fin à la pratique de la MGF (mutilation génitale féminine). Elle a de ce fait raté l’occasion de défendre réellement les droits des femmes et de sa communauté chrétienne en Egypte.
Le débat reste ouvert au Maroc où il a plus de chances d’aboutir à des changements concrets dans la situation des femmes. Les penseurs et les intellectuels marocains demandent des débats ouverts sur les droits des femmes comme en Tunisie et la société semble plus ouverte à leur proposition.

N.B

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