Les Etats-Unis et le conflit syrien :aucun signe de vie ?

Les Etats-Unis et le conflit syrien :aucun signe de vie ?

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L’émissaire de l’ONU sur la Syrie Staffan de Mistura a avoué ce dimanche 19 février ne pas avoir d’éléments lui permettant de répondre au relatif silence politique des Etats-Unis au sujet de la situation syrienne, à quelques jours de la reprise de négociations inter-syriennes à Genève.
Staffan Mistura a expliqué lors de la Conférence sur la sécurité à Munich que l’engagement des Etats-Unis afin de trouver une solution politique à la crise syrienne est soumis à 3 priorités, enchevêtrées les unes les autres : la première est de combattre le groupe « Etat Islamique » (Daesh), la deuxième de limiter l’influence d’un certain acteur régional majeur (vraisemblablement l’Iran), et la troisième de ne pas mettre en danger l’un de leurs principaux alliés dans la région (vraisemblablement Israël).
Il évoqué la nécessité de distinguer entre la volonté de « combattre Daesh » ou de le défaire définitivement » Dans ce cas-là, « une solution politique crédible » s’impose, selon lui.
L’implication des Etats-Unis dans les efforts diplomatiques en vue de trouver une issue à ce conflit qui a littéralement détruit la Syrie depuis plus de six ans, et fait plus de 310.000 morts et des millions de réfugiés, semble très discrète depuis l’investiture de Donald Trump. L’administration Trump se montre également très prudente sur les moyens qu’elle aimerait engager et sur ce qu’elle envisage comme sort au président syrien Bashar al-Assad.
De nouveaux pourparlers inter-syriens doivent reprendre jeudi prochain à Genève sous l’égide de l’ONU, après trois sessions en 2016 qui n’ont permis aucune avancée en raison du fossé immense entre les belligérants sur la transition politique et le sort d’Assad.
A ce propos, et au vu des changements de la situation, notamment après le rapprochement entre Moscou (allié indéfectible de Damas) et Ankara (soutien de l’opposition), rapprochement ayant permis l’établissement fin décembre d’un cessez-le-feu plus ou moins respecté et d’un processus de négociations au Kazakhstan centré sur le observation effective de ce cessez-le-feu, Staffan Mistura invite à « essayer de nouveau ». Il a également rappelé qu’à Genève, les discussions porteront sur la résolution 2254 de l’ONU, feuille de route internationale pour un règlement du conflit. Et il ajoute que cette feuille de route prévoit « une gouvernance crédible et inclusive, une nouvelle Constitution écrite par les Syriens, et non par des étrangers, et des élections sous la supervision de l’ONU, incluant les réfugiés syriens ».
« Nous irons à Genève pour discuter d’une solution politique », a déclaré Anas al-Abdeh, le chef de la Coalition nationale syrienne, la principale composante de l’opposition, également présent à Munich, ajoutant que « tant qu’Assad reste au pouvoir », aucun problème ne sera résolu.

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