Les Etats-Unis ont-ils le droit d’acheter le Groenland ?

Le président américain Donald Trump envisage d’acquérir cette grande île gelée, territoire autonome du Danemark. « Mais dans les faits, un tel processus est extrêmement rare et protégé par la charte des Nations unies », explique France Info.

« Cela doit être un poisson d’avril », avait réagi sur Twitter l’ancien Premier ministre du Danemark Lars Lokke Rasmussen. Car Donald Trump serait intéressé par le rachat du Groenland, territoire autonome du Danemark, pour l’intégrer aux Etats-Unis, ont indiqué jeudi 15 août des sources proches du président.

Certains de ses conseillers ont démenti et considèrent que le projet, évoqué lors d’un dîner au printemps dernier, relevait de la plaisanterie. D’autres, au contraire, estiment que le président américain envisage réellement d’acheter le territoire, où les Etats-Unis possèdent déjà une base aérienne.

Dans l’histoire, une pratique courante

« Dans les faits, il est possible d’acheter un pays et certains Etats ont acquis des territoires par la conquête militaire ou des accords financiers. L’achat d’un territoire serait loin d’être une première pour les Etats-Unis, qui ont été historiquement les spécialistes mondiaux en la matière. L’exemple le plus emblématique reste l’achat de la Louisiane, vendue par la France en 1803 pour 15 millions de dollars, afin de financer les campagnes militaires de Napoléon Bonaparte », comme le rappelle L’Express. Et « en 1867, les Etats-Unis ont réitéré en rachetant l’Alaska à la Russie pour 7,2 millions de dollars. Leur dernier achat date de 102 ans quand, en 1917, le pays a acquis pour 25 millions de dollars, les Iles Vierges et leurs 26 000 habitants… au Danemark justement », souligne pour sa part France Info.

S’il n’y a plus eu de telles acquisitions depuis de nombreuses années, une autre pratique se développe : certains Etats louent ou achètent des portions entières appartenant à des pays tiers pour exploiter leurs zones agricoles, poursuit France Info, qui rappelle qu’il y a dix ans, la Corée du Sud a été le premier acheteur de terres en exploitant plus d’un million d’hectares de surfaces agricoles à Madagascar. « Depuis, la Chine a massivement investi en Afrique. Et en France, depuis quelques années, des fonds d’investissements chinois achètent des milliers d’hectares de terres. »

Un processus encadré

Cependant, le rachat d’un territoire par un autre reste rare et très encadré. « La question pour un Etat de céder un territoire lui appartenant relève des droits nationaux qui lui sont propres et le processus d’achat ne doit pas contredire le principe d’intégrité territoriale, garanti par la charte des Nations unies », relève France Info.

« Un tel processus doit donc nécessairement respecter la volonté des populations concernées et ne peuvent être mis en œuvre que suite à la libre expression de leurs vœux », précise Bernard Mandeville à Atlantico.

Une convoitise ancienne

Les réserves minérales de l’île couverte de glaciers et peuplée d’un peu moins de 60 000 habitants ont déjà été convoités auparavant. « En 1946, le président Harry Truman avait déjà proposé au Danemark d’acheter le Groenland pour 100 millions de dollars, afin d’en faire un avant-poste militaire. Le Groenland s’est vu accorder l’autonomie par les Danois en 1979 et, en 2008, a obtenu par référendum une autonomie encore plus étendue par rapport au Danemark, même si Copenhague continue de contrôler la défense, la politique étrangère et la politique monétaire du territoire », explique encore le média français.

Avec France Info

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