sanctions contre l’Iran

Les Etats-Unis s’apprêtent à rétablir les sanctions contre l’Iran

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a déclaré à la presse, dimanche 5 août, que les Etats-Unis comptaient annoncer lundi les détails de la reprise des sanctions économiques contre Téhéran, qui seront rétablies dans la nuit. Conformément au souhait de Donald Trump et en conséquence du retrait américain de l’accord de Vienne sur le programme nucléaire iranien, le passage à l’acte concrétisera donc les menaces proférées par Donald Trump tout au long de ces derniers mois.

L’accord de 2015, conclu entre les Etats-Unis, l’Iran, la France, la Russie, la Grande-Bretagne, la Chine et l’Allemagne, consistait à alléger progressivement les sanctions économiques contre l’Iran en échange de l’engagement de ce dernier de réduire ses activités nucléaires. Il avait été qualifié de « désastreux » par le locataire de la Maison Blanche, qui l’estimait insuffisant, notamment pour ce qui concerne le programme militaire balistique de l’Iran et le désengagement de Téhéran des conflits au Moyen-Orient. Mais dans le cadre du désengagement de son pays de cet accord, une période transitoire de 90 jours avait été fixée.

Dès mardi à minuit heure de Washington, une série de nouvelles sanctions américaines entrera donc en vigueur. « Elle comprendra des blocages sur les transactions financières, sur certaines importations de matières premières, ainsi que des sanctions sur les achats dans le secteur automobile et l’aviation commerciale », précise Le Monde. Début novembre, une autre période transitoire de 180 jours expirera, suite à laquelle aura lieu le rétablissement des sanctions sur les importations de pétrole iranien, détaille encore Le Monde. « Il s’agit d’une part importante de nos efforts visant à repousser les activités malveillantes de l’Iran », a justifié Mike Pompeo.

Donald Trump avait tenté il y a quelques jours renouer le dialogue avec la République islamique d’Iran mais sa proposition avait été rejetée par des dirigeants iraniens soupçonneux à l’égard du sérieux du président américain. « Si Trump ne s’était pas retiré de l’accord sur le nucléaire et s’il n’avait pas imposé de sanctions contre l’Iran, négocier avec l’Amérique ne poserait aucun problème. Mais négocier à présent avec les Américains serait humiliant », avait ainsi déclaré le vice-président du Parlement iranien, Ali Motahari.

L’Union européenne a indiqué lundi, à travers un communiqué conjoint des ministres des affaires étrangères de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni, et de la chef de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini, regretter « profondément » la décision des Etats-Unis.

« Nous sommes déterminés à protéger les opérateurs économiques européens engagés dans des affaires légitimes avec l’Iran, conformément au droit de l’UE et à la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU, assure le communiqué. C’est pourquoi le statut de blocage mis à jour par l’Union européenne entre en vigueur le 7 août, afin de protéger les entreprises de l’UE qui font des affaires légitimes avec l’Iran contre les conséquences des sanctions extraterritoriales américaines. » « Nous attendons de l’Iran qu’il continue de mettre pleinement en œuvre tous ses engagements nucléaires au titre [de l’accord] », ont ajouté les ministres. Cette loi de « blocage », adoptée en 1996 pour contourner les sanctions américains touchant Cuba, la Libye et l’Iran, empêche les entreprises européennes de subir les effets extraterritoriaux des sanctions américaines et leur interdit même de s’y conformer.

Avec Le Monde

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