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Les femmes arabes dans la recherche scientifique : des chiffres encourageants

Selon les données de l’Unesco, seulement 28% des chercheurs du monde sont des femmes contre 39% au sein du monde arabe. C’est ce que rapporte le site Al-Fanar Media, spécialisé dans les actualités de l’enseignement supérieur, qui avertit toutefois que certains analystes mettent en garde contre la viabilité de ces données régionales, qui peuvent selon eux ne pas être très fidèlement représentatives.

« Avec 39% de postes de chercheur occupés par des femmes, les pays du monde arabe se placent devant l’Amérique du Nord et l’Europe occidentale, où la moyenne est de 32% », rapporte encore le site.

La Tunisie particulièrement bien lotie

La Tunisie et le Koweït comptent tous deux un peu plus de chercheuses que de chercheurs, soit des taux de participation des femmes dépassant les 50%. L’Egypte détient également des niveaux relativement élevés de participation féminine (44%). Mais seulement 23% des chercheurs palestiniens et saoudiens sont des femmes.

Les chiffres varient toutefois largement selon les pays de la région, notamment parce que les données disponibles sont relatives à des périodes différentes selon les pays, ce qui rend difficile les comparaisons entre eux. Par exemple, en Algérie, 35% des chercheurs sont des femmes, mais ces données datent de 13 ans et cette proportion pourrait avoir depuis lors varié dans le bon ou le mauvais sens. D’autres pays, tels que l’Irak, la Jordanie, l’Egypte, la Tunisie ou le Maroc, disposent de données à partir de 2016.

Persistance des obstacles culturels

Les campus d’universités américaines et britanniques basés dans le Golf ont joué un rôle important dans ce processus de valorisation des compétences des femmes dans ce milieu traditionnellement masculin. Car si auparavant, les familles du Golfe ont toujours été disposées à envoyer leurs fils à l’étranger pour étudier, elles étaient relativement réticentes à faire la même chose pour leurs filles. « Nous ne sommes plus obligées aujourd’hui de voyager pour obtenir un doctorat, et c’est ce qui constituait un obstacle pour les femmes de faire des percées dans des carrières scientifiques », a ainsi expliqué à Al-Fanar Media Mme Maha Al-Asmakh, responsable des études supérieures et de la recherche au Collège des sciences de la santé de l’Université du Qatar.

Malgé cela, des obstacles culturels persistent. Alors qu’un nombre élevé de femmes s’inscrivent à l’université dans de nombreux pays arabes, leur proportion diminue à mesure qu’elles progressent dans leur cursus. Le Qatar en est un parfait exemple, où près de 75% des étudiants et 54% des doctorants sont des femmes, mais où seulement 31% des chercheurs en poste sont des femmes. « Les chances pour une étudiante de première année de progresser dans une carrière de chercheur sont encore nettement inférieures à celles d’un étudiant », commente ainsi Al-Fanar Media.

Même chose au Koweït, où de nombreuses femmes affirment avoir des difficultés similaires à passer du couronnement des études universitaires à l’obtention d’un poste de chercheur professionnel. En revanche, au Koweït, contrairement à ce qui se passe au Qatar, les femmes restent relativement bien représentées dans la recherche : 67% des étudiants de premier cycle au Koweït et 51% des chercheurs sont des femmes. Un chiffre à prendre toutefois avec des pincettes. « Ce pourcentage relativement élevé masque toutefois les obstacles auxquels les femmes sont confrontées dans certaines disciplines et sur certains lieux de travail. […] L’environnement de travail n’est pas facile, en particulier dans les domaines pratiques où les hommes dominent encore, explique à Al-Fanar M. Fatouh Abdulaziz al-Ragom, directeur du programme de technologie à l’Institut de recherche scientifique du Koweït. Par ailleurs, de nombreux employeurs préfèrent toujours embaucher des hommes, pas des femmes, indépendamment des qualifications et des compétences. »

Les sociétés arabes poussent les femmes à assumer, bien au-delà de la part qui devrait leur revenir, les tâches domestiques, pointe encore Maha al-Asmakh. Pour elle, les femmes restent confrontées à davantage de défis que les hommes pour réussir dans leur carrière professionnelle. « Si vous voulez voyager pour assister à une conférence et que vous avez un jeune enfant, c’est difficile. Les hommes peuvent voyager plus librement et sans se faire de souci. Nous devons ainsi trouver le juste équilibre entre vie familiale et carrière professionnelle », a-t-elle soutenu.

Les sciences sociales particulièrement concernées

Enfin, ce sont les sciences humaines et sociales, ainsi que les arts, qui constituent les domaines de recherche scientifique qui accueillent le plus de femmes dans les pays arabes. En revanche, des secteurs de recherche de « sciences dures« , comme l’ingénierie, présentent généralement des pourcentages inférieurs de chercheuses. En Egypte, par exemple, plus de la moitié des spécialistes en sciences sociales sont des femmes, mais seulement 26% des ingénieurs sont des femmes.

 

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