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Les maladies cardiaques : première cause de décès dans le monde et en Tunisie

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Au cours de la dernière décennie, la principale cause de décès dans le monde est due aux maladies cardiaques et cardio-vasculaires. Il en est de même pour la Tunisie, qui, au cours de ces 20 dernières années a connu une transition épidémiologique importante due à un développement socio-économique et sanitaire. Depuis le Moyen-Age et notamment l’apparition de la Grande Peste (1347-1352) qui a ravagé entre 30 et 50% de la population européenne, mais qui a également dévasté le continent africain -le grand historien maghrébin Ibn Khaldûn avait témoigné de la perte de ses parents et d’une grande partie de sa famille dans son autobiographie-, le Moyen-Orient et l’Asie, la médecine a connu des progrès considérables, les conditions sanitaires se sont globalement améliorées, et l’espérance de vie a augmenté. En effet, les avancées scientifiques et techniques ont permis une meilleure connaissance de l’anatomie et de la physiologie humaine, une amélioration des techniques chirurgicales, de meilleures connaissances des causes et une meilleure prévention, mais également et depuis Pasteur (XIXe siècle) des grands progrès en hygiène, notamment avec la stérilisation et le phénomène de vaccinations ont réduit considérablement le nombre de personnes atteintes de maladies infectieuses et la progression des grandes épidémies ; puis, les travaux de Fleming et le développement des antibiotiques ont permis la lutte efficace contre des maladies infectieuses, voire pour certaines, leur quasi-disparition. En l’espace de 50 ans, l’Homme a gagné plus de 20 ans d’espérance de vie. Mais les progrès technologiques et la modernisation des sociétés ont eu et continuent d’avoir un double impact : beaucoup de maladies disparaissent, mais beaucoup d’autres apparaissent, celles-ci résultant de ces changements (industrialisation, modifications à l’échelle du globe, pollution, etc.).

Par ailleurs, de nombreuses maladies voient leur mode de développement ou de transmission évoluer, résistent aux remèdes, changent de configuration (les virus tels celui de la grippe, par exemple). Les changements dans le mode de vie, l’industrialisation, les effets de l’environnement ont eu des effets et des impacts forts sur la santé humaine et atteignent de manière différente les diverses populations de la planète. Par ailleurs, l’espérance de vie a augmenté. Pour un nombre important de raisons : la baisse de la mortalité infantile, le contrôle des épidémies, les vaccinations, les mesures d’hygiène et les habitudes sanitaires des populations dans la plupart des pays développés et en développement. Cependant, le prolongement de l’espérance de vie ne signifie pas que l’état de santé tout au long de la vie soit bon ou optimal. A titre d’exemple, l’espérance de vie en bonne santé pour une femme en France était de 77% en 2004, il n’est aujourd’hui que de 74%. Les principales causes de décès dans le monde sont les suivantes :

– Cardiopathies ischémiques (CPI, maladies coronariennes, affection des artères coronariennes)

– Accidents vasculaires cérébraux

– Bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO)

– Infections des voies respiratoires

– Cancers (poumon, trachée, bronches en augmentation, qui ont causé 1,6 millions de décès en 2012 contre 1,2 millions en 2000 selon les chiffres de l’OMS) et autres cancers

– VIH

– Diarrhée

– Diabète sucré

– Accidents de la route

– Cardiopathies hypertensives

Il existe une grande disparité au niveau des causes de décès à travers le monde, qui s’expliquent par des facteurs sociaux et économiques.

En effet, les causes ne sont pas les mêmes qu’on soit dans un pays à forts revenus ou un pays à faibles revenus, on le voit par exemple dans le classement des causes dans les pays développés (Amérique du Nord, Europe, Russie) où ce sont les cardiopathies qui arrivent en tête des causes de décès, suivies de près par les accidents vasculaires cérébraux (AVC), puis le cancer du poumon, viennent ensuite la maladie d’Alzheimer, les infections respiratoires et autres cancers. Tandis que pour les pays à faibles revenus ce sont les infections des voies respiratoires qui sont la principale cause de décès avant le VIH/SIDA et les diarrhées, loin devant les AVC, cardiopathies, paludisme et morts pour causes de malnutrition par exemple, quasi-inexistantes dans les pays du Nord.

Les maladies dites « civilisationnelles » sont celles qui sont liées d’une part à la modernité, et d’autre part au fait que ce sont les maladies liées à l’augmentation de l’espérance de vie, comme les cardiopathies et autres cancers.

En Chine, ce sont les accidents vasculaires cérébraux qui sont la première cause de décès, et en Afrique, les conditions d’hygiène, d’accès aux soins ou même à l’eau potable font que les premières causes sont celles liées à la malnutrition, au risque élevé d’infections, diarrhées, etc. et comme l’espérance de vie n’est pas élevée, les maladies cardio-vasculaires, la maladie d’Alzheimer et autres cancers sont moins courants. La première cause de décès en Tunisie est due aux maladies cardio-vasculaires qui représentent 49% des décès, selon les chiffres de l’OMS de 2014. Les AVC en sont la deuxième, puis viennent les maladies pulmonaires, les cancers et le diabète. Pour la Tunisie, les causes expliquant le fort taux de maladies cardiaques sont essentiellement la sédentarité, une mauvaise hygiène alimentaire et une forte consommation d’alcool et de tabac. Il faut également souligner que se développe de manière remarquable en Tunisie l’hypertension et l’obésité, liées également à ce mode de vie. Les politiques de sensibilisation, de prévention, d’amélioration d’accès aux soins grâce notamment à la couverture sociale en Tunisie ont permis la diminution des maladies infectieuses, des épidémies et l’augmentation relative de l’espérance de vie. Cela étant des écarts subsistent entre les riches et les pauvres, et également à l’échelle internationale entre pays riches et pays pauvres.

Evolution de l’espérance de vie dans le monde

En un demi-siècle, l’espérence de vie dans le monde est passé de 52,48 ans à 71,45 ans en 2014. Soit un gain de près de 19 années.

Evolution de l’espérance de vie dans le monde

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