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Les ministres de l’Intérieur de l’UE se réunissent autour de la question migratoire

Une réunion informelle des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne a eu lieu ce jeudi en Autriche, deux semaines après la tenue du Conseil européen sur les questions migratoires, pour examiner de nouvelles mesures sur le sujet de la gestion de l’immigration en Europe. Parmi celles-ci, la mise en place en Afrique du Nord de plateformes de débarquement pour les migrants secourus en Méditerranée, une question qui a déjà été débattue lors du sommet de fin juin. « Si nous avons pu conclure un accord avec la Turquie, cela doit aussi être possible avec des pays du Sud », a déclaré en début de réunion le secrétaire d’Etat belge à l’Asile et la Migration, Theo Francken.

Si les arrivées sur les côtes européennes ont chuté depuis le pic enregistré en 2015, la question de la gestion des migrations continue de nourrir les tensions entre les Etats membres de l’UE qui, malgré leur objectif commun de renforcement des frontières européennes, ont des divergences de vue sur les différents moyens d’y parvenir et, en particulier, sur la définition exacte des « plateformes de débarquement » que certains dirigeants européens souhaitent voir se mettre en place hors de l’UE.

Politique sécuritaire de l’Autriche

Présidente du Conseil de l’UE jusqu’au 31 décembre 2018, l’Autriche est actuellement dirigée par une coalition de conservateurs et du parti d’extrême droite FPÖ et voudrait impulser une politique migratoire radicale. Via son ministre de l’Intérieur d’extrême droite Herbert Kickl, l’Autriche a notamment suggéré qu’à terme il ne soit plus possible de demander l’asile depuis le territoire européen. M. Kickl souhaite en effet « une révolution copernicienne » sur ce sujet et a, dans ce sens, voulu remettre sur la table l’idée, déjà repoussée par le conseil européen, de « plateformes de retour » pour les migrants. Il s’agit de la création de centres hors de l’UE où pourraient être renvoyés les déboutés du droit d’asile en Europe et les migrants économiques, avant leur retour dans leurs pays d’origine. « Est-ce que quelqu’un connaît des pays hors de l’Europe, dans la périphérie de l’Europe, qui seraient prêts à accueillir de tels camps ? Moi je n’en connais pas », a répondu devant la presse le commissaire européen chargé des migrations, Dimitris Avramopoulos. Les politiques de l’UE sont « basées sur des valeurs et des principes, nous sommes tous liés par la Convention de Genève, c’est ce qui nous guide », a-t-il ajouté en référence aux obligations internationales relatives aux réfugiés.

Le problème des plates-formes de débarquement

Les conclusions du Conseil européen du 28 juin envisagent, certes, la solution des « plates-formes de débarquement » sur les côtes africaines, pour les bateaux de migrants secourus en Méditerranée. Mais seulement en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Pour les Français et la Commission, ces « plates-formes » devraient être des centres de tri où les migrants peuvent déposer leurs demandes d’asile.

Si l’idée de ces plates-formes exclusivement consacrées aux « retours » a pour l’instant été repoussée, c’est surtout parce qu’aucun pays tiers ne s’est manifesté pour les héberger. La Tunisie et le Maroc ont clairement manifesté leur refus. Le ministre macédonien des affaires étrangères, Nikola Dimitrov, a lui aussi repoussé jeudi matin la proposition, après l’Albanie quelques semaines plus tôt.

Quant à l’externalisation totale de l’asile, « les pays africains, premiers intéressés mais pas officiellement conviés à la table des discussions, n’en veulent absolument pas », a assuré un diplomate au journal français « Le Monde ». Ils seraient selon lui d’accord pour en discuter, mais dans le sens d’une responsabilité partagée de l’asile. « Ils n’avanceront pas sur les centres de débarquement suggérés par le Conseil du 28 juin tant que, de leur côté, les Européens n’auront pas avancé sur ces centres contrôlés dans l’UE que le Conseil évoque aussi », ajoute ce diplomate.

Avec AFP et « Le Monde »

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