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Les Nations Unies lancent un projet de décarbonation de l’économie Tunisienne à long terme

Lancement officiel du projet «Appui à la tarification carbone pour la mise en œuvre de la NDC et la transition bas carbone en Tunisie».

L’Agence nationale pour la Maîtrise de l’Energie (ANME) et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) lancent un nouveau projet intitulé «Appui à la tarification du carbone pour la mise en œuvre de la NDC et la transition bas carbone en Tunisie». A ce titre, un atelier de démarrage sera organisé le 13 juin à Tunis.

Selon un communiqué du PNUD, l’atelier de démarrage sera l’occasion de présenter le projet et de partager des expériences internationales en matière de modélisation des impacts économiques de la transition énergétique, subventions énergétiques et l’instauration de la taxe carbone.

Le projet «Appui à la tarification du carbone pour la mise en œuvre de la NDC et la transition bas carbone en Tunisie » s’inscrit dans le cadre de l’ initiative de la Banque Mondiale « Partnership for Market Readiness » qui offre à la Tunisie l’opportunité de développer l’utilisation des instruments de tarification du carbone comme vecteurs déterminants pour le renforcement de leurs politiques d’atténuation, la mise en œuvre de sa contribution nationale déterminée (NDC) à l’accord de Paris et sa stratégie bas-carbone.

La tarification du carbone représente aujourd’hui une condition incontournable pour réorienter les investissements vers les technologies bas carbone à l’instar des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

L’urgence de l’action climatique et la neutralité carbone recommandée à l’horizon 2050 par le dernier rapport du GIEC (Groupe Intergouvernemental de l’Evolution du Climat) exigent le recours à la valorisation du carbone pour encourager la réorientation des flux financiers vers les investissements dans les projets permettant d’abandonner progressivement les énergies fossiles et utiliser massivement les énergies décarbonées.

Le choix d’un instrument de tarification du carbone dépend en général des circonstances nationales et de la politique du pays en matière d’atténuation des émissions de GES. Plusieurs critères de politique publique sont pris en considération tels que la dépendance à l’égard des énergies fossiles, le poids de l’énergie dans l’économie, l’ambition climatique, …

Selon la commission de haut niveau des prix du carbone de la Banque Mondiale présidée par les deux économistes Nicholas Stern et Joseph Stiglitz, le prix du carbone compatible avec les objectifs de l’accord de Paris devrait se situer  de 40 à 80 $ en 2020 et 50 à 100 $ en 2030. Actuellement plus de 75% des émissions couvertes par la tarification carbone ne dépassent pas 10$ la tonne CO2.

Les deux instruments souvent utilisés sont la taxe carbone et les échanges de quotas d’émission ; la taxe carbone est utilisée en général dans les secteurs diffus comme le transport et le bâtiment alors que l’échange de quotas d’émission est utilisé dans les secteurs concentrés de l’industrie à l’instar du ciment et de l’électricité.  Il est à signaler que les recettes des pouvoirs publics provenant de ces deux instruments ont atteint 45 milliards $ en 2018 contre 32 milliards en 2016. Au mois de mai 2019, 25 taxes carbone et 26 marchés  de quotas échangeables étaient en fonctionnement.

En vertu de l’accord de Paris, la Tunisie s’est engagée volontairement à réduire son intensité carbone de 41% en 2030 par rapport à 2010. La réalisation de cet objectif ambitieux est conditionnée par la mise en place d’un environnement qui favorise les investissements visant le développement socio-économique sobre en carbone et résilient au climat.

Les instruments de tarification du carbone représentent un levier de politique publique qui doit être exploité par la Tunisie pour renforcer sa politique d’atténuation et mettre en œuvre sa contribution nationale désignée (NDC). Outre la réduction des émissions de GES, la mise en œuvre de la NDC est de nature à accélérer la transition énergétique, stimuler la croissance économique et créer de nouveaux emplois.

L’instauration d’un prix sur le carbone devrait mobiliser de nouvelles ressources financières pour appuyer les investissements publics et privés dans le développement des technologies à faible émission de GES et contribuer à l’atteinte de l’objectif d’atténuation de la NDC Tunisienne.

Pour la Tunisie, le recours à la tarification du carbone représente un levier potentiel de politique publique pour accélérer la transition énergétique, rehausser l’ambition de la NDC en termes de réduction des émissions de GES et appuyer la décarbonation de l’économie Tunisienne à long terme. Les instruments de tarification carbone proposés dans la NDC Tunisienne sont considérés comme des outils clés pour encourager l’orientation des investissements vers les projets d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables notamment dans les secteurs à fort potentiel de réduction de GES à l’instar de l’électricité et du ciment.

S.N

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