Les principales décisions du 31e sommet de l’UA à Nouakchott

Après six mois de présidence de Paul Kagame, l’Union africaine s’est réunie dimanche 1er juillet pour son 31e sommet qui s’est tenu à Nouakchott jusqu’au lendemain lundi. Plusieurs dossiers y ont été discutés dont la réforme institutionnelle de l’UA, la lutte contre la corruption ou encore la crise migratoire. Mais c’est le renforcement de l’intégration continentale qui a été l’un des thèmes-clé les plus débattus en Mauritanie par la quarantaine de chefs d’Etat et de gouvernement africains présents.

En marge du sommet, une réunion des chefs d’Etat du G5 Sahel s’est également tenue dimanche à Nouakchott, a indiqué à l’AFP une source diplomatique d’un pays membre de cette organisation régionale qui regroupe la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad.

Une réunion marquée par l’attentat qui a touché vendredi le QG, situé au Mali, de la force conjointe du G5 Sahel lancée en 2017 pour lutter contre le terrorisme sévissant dans le continent tout en assurant à l’Afrique les moyens de prendre en charge sa propre sécurité. « Il y a encore énormément de failles dans la sécurité qui doivent être corrigées », a ainsi déclaré le président mauritanien à la chaîne France 24 en référence à l’attentat.

Indépendance financière

Mais la mise en oeuvre de cette force conjointe est pour l’instant mise en difficulté par des problèmes de financement et les accusations de violations des droits de l’homme par les troupes de la force conjointe. Pour garantir l’autonomie financière à l’organisation, Paul Kagame a présenté un rapport sur une réforme institutionnelle de l’UA. « Le budget de l’UA provient à plus de 50% des bailleurs étrangers et ses programmes sont financés à 97% par les donateurs. Pour réduire cette dépendance, la réforme prévoit le prélèvement dans chaque pays d’une taxe de 0,2% sur les importations », indique l’AFP. Mais les propositions de l’homme d’Etat rwandais n’ont pas gagné l’assentiment de tous les Etats membres : celle relative à la taxe de 0,2% sur les importations que les Etats sont invités à lever pour apporter leur part de financement à l’UA a semble-t-il été contestée, selon « Jeune Afrique », par l’Afrique du Sud. Les chefs d’Etat ont ainsi convenu de reprendre les discussions relatives aux réformes institutionnelles les 17 et 18 novembre prochain à Addis-Abeba pour aboutir à une décision consensuelle. Au cœur du débat concernant l’atteinte de l’indépendance financière de l’Afrique figure également la lutte contre la corruption, celle-ci faisant perdre au continent, selon l’ONU, 25% de ses richesses annuelles.

Création d’une zone de libre-échange

Des avancées ont toutefois été réalisées concernant la création d’une zone de libre-échange continentale (ZLEC), lancée le 21 mars à Kigali et qui pourrait représenter un marché de plus de 1,2 milliard de personnes en Afrique. Cinq nouveaux Etats ont signé lors du 31e sommet de l’UA l’accord en question : le Burundi, le Lesotho, la Namibie, le Sierra Leone et l’Afrique du Sud. « Ils s’ajoutent aux 44 Etats qui l’avaient déjà fait. Au total, six pays ont déjà ratifié l’accord. Il en faut 16 de plus, d’ici décembre, pour que le texte entre en vigueur », indique « Jeune afrique ».

Mise en place d’un Observatoire africain des migrations au Maroc

Le site d’information Atlasinfo rapporte que le 31e sommet de l’UA a également été l’occasion pour l’UA d’adopter la mise en place d’un Observatoire africain des migrations au Maroc faisant suite à une proposition du roi Mohamed VI allant dans ce sens. L’observatoire aura pour mission de collecter des données visant à développer l’échange d’informations entre les pays africains et à assurer une meilleure coordination entre les instances africaines chargées des questions migratoires.

Compromis sur le Sahara occidental

Le rapport du président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, sur le Sahara occidental n’a contre toute attente pas provoqué de tension entre les chefs d’Etat africains. Ces derniers sont au contraire arrivés à un compromis pour permettre à l’UA de jouer un rôle dans ce dossier, sans pour autant se substituer à l’ONU. « La troïka de l’UA (le président en exercice, son prédécesseur et son successeur) et le président de la Commission devront s’impliquer pour faciliter le travail du secrétariat général de l’ONU. Le président de la Commission est par ailleurs chargé de réactiver le Bureau de l’UA auprès de la Mission des nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) à Laayoune », rapporte encore « Jeune Afrique ».

Négociations avec l’Union européenne

Les chefs d’État africains ont désigné le Bissau-Guinéen Carlos Lopes, ancien secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique, pour qu’il devienne leur Haut représentant. Il aura pour mission de soutenir les Etats membres dans la négociation d’un nouvel accord post-2020 avec l’Union européenne. Celui-ci doit remplacer l’accord de Cotonou. Signé en 2000 et conclu pour 20 ans, l’accord de Cotonou avait pour principaux objectifs de rétablir les équilibres macro-économiques, de développer le secteur privé, d’améliorer les services sociaux et de favoriser l’intégration régionale.

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