Un policier devant les lieux du double attentat-suicide visant l'ambassade américaine à Tunis, le 6 mars 2020. Photo : AFP

L’essentiel de l’actualité de la semaine

Le vendredi 6 mars 2020 figurera parmi les nombreuses dates où Tunisie aura dû se confronter au terrorisme. Un double attentat-suicide a ainsi ciblé les forces de l’ordre protégeant l’ambassade des Etats-Unis à Tunis, tandis qu’Abou Iyadh, jihadiste tunisien qui a fondé le groupe terroriste Ansar al-Charia, a été tué dans une frappe de l’armée française au Mali. L’essentiel de l’actualité nationale de cette semaine.

Attentat suicide dans le quartier de l’ambassade des États-Unis à Tunis

Une explosion dont la nature n’a pas été précisée par le ministère de l’Intérieur a retenti ce vendredi 6 mars dans le quartier de l’ambassade des Etats-Unis à Tunis. La police a pour sa part évoqué un attentat ciblant en particulier les forces de l’ordre chargées de la protection de la représentation diplomatique américaine. « D’après nos dernières informations, il s’agissait de deux assaillants à scooter dont un est en fuite. L’autre a foncé sur un camion de police qui était sous une guérite devant l’ambassade américaine », a affirmé la correspondante de France 24 en Tunisie. Suite à ce premier attentat de l’année, tout un périmètre de sécurité a été délimité dans le quartier d’affaires du Lac 2, un endroit très fréquenté qui abrite plusieurs immeubles résidentiels et professionnels, ainsi que des ambassades. L’ambassade des Etats-Unis avait également été attaquée le 14 septembre 2012 par des manifestants islamistes. Lors de l’attaque de ce matin, un policier a par ailleurs été tué et cinq autres blessés, ainsi qu’un civil.

Réforme de la diplomatie en vue

Le ministre des Affaires étrangères Noureddine Erray a déclaré mardi qu’il mettrait en place un vaste projet de réforme de l’action diplomatique visant à accroître l’efficacité de la défense des intérêts nationaux et des principes de la Tunisie. Le plan de réforme intégrerait notamment des sessions de consultation interne visant à redéfinir ‎et mieux cibler les critères de nomination et de promotion dans le secteur de la diplomatie, a-t-il précisé dans une déclaration ‎aux médias.‎

Publiée par ‎وزارة الشؤون الخارجية التونسية Ministère des Affaires étrangères Tunisien‎ sur Dimanche 1 mars 2020

S’adressant à la presse cette semaine, le chef de la diplomatie a également dit qu’il avait eu des contacts avec des chefs de missions diplomatiques et consulaires en Chine, en Iran, en Italie et en Corée du Sud (les pays les plus durement touchés par le coronavirus) pour s’enquérir de l’état de santé des expatriés tunisiens vivant sur place.

Lutte contre la violence faite aux femmes : un décret gouvernemental publié au Journal officiel

Un décret gouvernemental a officialisé mardi la création de l’Observatoire national de lutte contre les violences faites aux femmes. Il a été publié au Journal officiel de la République tunisienne (JORT). La mise en place de cet observatoire s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’article 40 de la loi organique n° 58 adoptée en 2017 en vue de l’élimination de la violence faite aux femmes. Le but est de définir des mécanismes permettant de mesurer les différents aspects, psychologiques et sociaux, de ce type particulier de violence et d’élaborer des stratégies et des politiques ciblées pour l’éradiquer. Cette nouvelle structure prendra la forme d’un établissement public doté d’une autonomie financière et placé sous la tutelle du ministère de la Femme, indique le décret gouvernemental. L’Observatoire sera chargé de collecter les données en recueillant des rapports sur les différents cas de violence à l’égard des femmes, notamment par la mise en place d’un numéro gratuit. A partir de ces éléments de terrain, la structure évaluera la législation en vigueur et pourra ainsi recommander des réformes en matière de politique de lutte contre la violence faite aux femmes.

26 jihadistes tunisiennes détenues dans les prisons libyennes

Selon une militante libyenne des droits de l’homme, 26 femmes « jihadistes » tunisiennes seraient actuellement détenues dans les prisons libyennes de Misrata et Tripoli. Najia Atrak s’est exprimée lors d’une conférence de presse tenue à Tunis par l’Union du Maghreb arabe (UMA) afin de présenter les résultats d’une enquête sur « le retour des femmes jihadistes maghrébines des zones de conflit ». Elle a ainsi déclaré qu’une dizaine de jihadistes sont rentrées en Tunisie et que des efforts continus de coopération étaient mis en place entre la Tunisie et la Libye pour faciliter le rapatriement des personnes toujours détenues en Libye. Professeure de l’Université des Lettres, des Arts et des Humanités de Manouba, Amal Grami a elle affirmé qu’un grand nombre de jihadistes tunisiennes étaient en revanche rentrées « illégalement » en Tunisie. Soulignant « l’absence de statistiques fiables » concernant les femmes jihadistes revenues des zones de conflit en Tunisie, Mme Grami a également dénoncé le silence du « gouvernement et des ministères concernés ». L’objectif de l’étude présentée mardi s’inscrit en partie dans le cadre de la Journée internationale de la femme célébrée le 8 mars. Outre la volonté d’apporter des estimations chiffrées à propos des femmes jihadistes transitant entre les deux pays, les chercheurs voudraient contribuer à élaborer des stratégies nationales et régionales afin de réinsérer dans la société les femmes qui, souvent pour des raisons de marginalisation socioéconomique, sont tombées sous l’influence de groupes militants violents. Le secrétaire général de l’UMA a ainsi appelé à renforcer la coordination entre les différents ministères, en particulier celui de la Femme, de l’Intérieur et des Affaires religieuses, afin de déterminer des solutions concrètes visant à la réintégration des femmes tombées dans le jihad.

Mort du chef jihadiste tunisien Abou Iyadh

La branche d’al-Qaïda pour le Maghreb (AQMI) a confirmé le décès du fondateur du principal groupe jihadiste tunisien Ansar al-Charia, Abou Iyadh, tué par un raid de l’armée française au Mali, dans une vidéo d’hommage à ce « leader » charismatique qui a réussi à embrigader plusieurs personnes dans son mouvement. Abou Iyadh a été entraîné par le mouvement de la tendance islamique (MTI), en plus de s’être illustré par son engagement militant en Afghanistan. Comme le rappelle Jeune Afrique, Abou Iyadh a aussi fondé le groupe combattant tunisien GCT (Groupe combattant tunisien), soupçonné d’avoir organisé l’assassinat du commandant afghan Massoud en septembre 2001.

L’actuel leader d’AQMI, qui se fait appeler Abou Moussab Abdoul Wadoud, a évoqué une mort survenue « dernièrement », sans en préciser la date, dans une vidéo dont l’existence a été révélée par le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE et relayée samedi par le site Emaad, qui suit l’actualité des mouvements armés.

N.B.

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