Etat islamique

L’Etat islamique compte encore 30 000 combattants en Syrie et en Irak, selon un rapport de l’ONU

Un rapport publié le 13 août par des experts des Nations unies estime à 30 000 le nombre de combattants affiliés à l’Etat islamique (EI) encore actifs en Syrie et en Irak. Ces derniers seraient répartis à part égale entre ces deux pays dont plusieurs villes ont constitué pour le « Califat » des fiefs importants lors de son instauration et de son expansion à partir de 2014. Malgré les défaites militaires et le recul du groupe jihadiste dans la région, le rapport de l’ONU présenté lundi 13 août au Conseil de sécurité précise que l’EI, en plus de compter entre 20 000 et 30 000 militants dans le Proche-Orient, dispose également d’importantes réserves en Libye, avec 3000 à 4000 combattants, mais également dans les régions d’Asie du Sud-Est et d’Afrique de l’Ouest.

Le rapport précise que le groupe « est toujours capable de mener des attaques sur le territoire syrien », mais qu’il « ne contrôle plus totalement le territoire de l’Irak » bien qu’il y reste actif grâce à des cellules dormantes composées d’agents cachés dans le désert. L’organisation jihadiste s’est ainsi transformée en réseau informe : « Il y a plus de délégations qu’auparavant [pour soutenir] un réseau plus large en dehors de la zone de conflit », précisent les experts onusiens.

Les « têtes pensantes » opèrent désormais depuis l’Afghanistan

Les « têtes pensantes » et principaux responsables de l’EI opèrent, eux, depuis l’Afghanistan, où nombre de combattants qui ont quitté les territoires contrôlés par l’EI en Irak et en Syrie se sont également rendus. Le nombre d’attentats suicides se sont d’ailleurs multipliés en Afghanistan ces derniers mois.

Parmi les partisans actifs de l’EI, « il reste une partie importante des milliers de combattants terroristes étrangers » qui sont partis grossir les rangs de l’organisation, précise le document. Car le nombre de jihadistes qui quittent le territoire contrôlé par l’EI « reste plus bas qu’attendu », même si le flux de combattants étrangers rejoignant l’organisation jihadiste s’est « pour ainsi dire tari ». C’est donc surtout la migration de ces combattants vers d’autres pays qui demeure « un sérieux défi », selon les observateurs de l’ONU.

L’EI a perdu le contrôle de la plupart des zones qu’a occupées le « Califat » autoproclamé, notamment après avoir été chassé en 2017 de Mossoul et Raqqa, les deux places fortes du groupe jihadiste sunnite en Irak et en Syrie.

Face à ces données, l’agence de presse AFP rapporte que des Etats membres se sont inquiétés de la possibilité de voir se créer des cellules de l’EI dans le camp de réfugiés de Rokbane, situé dans la zone contrôlée par les Etats-Unis dans le sud de la Syrie, et où vivent des familles de combattants.

Enfin, les auteurs du rapport affirment que la discipline imposée par l’EI reste intacte et que le chef de l’organisation, Abou Bakr al-Baghdadi, « reste en position d’autorité », malgré des informations selon lesquelles il aurait été blessé.

Al-Qaïda également résiliente

Les experts ont également déclaré que le réseau mondial d’al-Qaïda mené par son chef Ayman al-Zawahiri et fort de ses alliés et affiliés, « continue à faire preuve de résilience ». L’organisation terroriste est selon les auteurs du rapport beaucoup plus forte que l’EI dans certains endroits, notamment en Somalie, au Yémen, en Asie du Sud et dans le Sahel. Les dirigeants d’al-Qaïda voient le Yémen « comme un lieu d’attaques de type guérilla et une plaque tournante pour les opérations régionales ». L’absence d’un gouvernement central fort a « créé un environnement fertile pour al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) ». L’effectif d’AQPA à l’intérieur du Yémen est estimé entre 6000 et 7000 combattants, contre seulement 250 à 500 membres de l’EI dans ce pays en proie à la guerre.

En plus d’al-Qaïda, qui « reprend ses activités terroristes », d’autres organisations sont en train d’émerger au sein de « l’arène du terrorisme », ont par ailleurs déclaré les experts de l’ONU. Ainsi, alors que le nombre d’attaques terroristes a diminué en Europe, le rapport explique que certains gouvernements « estiment que les facteurs sous-jacents du terrorisme sont tous toujours présents, voire peut-être plus graves que jamais ».

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