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L’Europe refuse d’isoler l’Iran malgré les menaces des Etats-Unis

Contrairement à ce que souhaitaient les Etats-Unis, l’Union européenne a refusé d’isoler économiquement l’Etat iranien ce lundi et a adopté un instrument juridique visant à protéger les entreprises européennes présentes dans ce pays contre les sanctions américaines, a annoncé la Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini. « Nous prenons toutes les mesures pour permettre à l’Iran de bénéficier des retombées économiques de la levée des sanctions », a expliqué Mme Mogherini suite à une réunion avec les ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l’UE.

Mme Mogherini a également fait savoir que l’UE avait approuvé l’actualisation du statut de blocage. La loi de blocage européenne, qui donne le droit aux entreprises européennes d’être indemnisées des retombées des sanctions américaines en les empêchant d’être poursuivies dans l’UE pour y avoir dérogé, entrera en application le 6 août, date du premier volet des sanctions américaines. Ce règlement établi en 1996 vise à contrer le fait que les sanctions américaines s’appliquent à toutes les entreprises et personnes physiques dans le monde, en vertu du principe de l’extraterritorialité du droit américain.

Les Etats-Unis ont refusé d’en dispenser les entreprises européennes après avoir dénoncé l’accord sur le nucléaire iranien. « Je ne suis pas en mesure de dire si nos efforts vont suffire, mais nous faisons tout ce que nous pouvons pour éviter que l’accord sur le nucléaire avec l’Iran ne meure, car les conséquences seraient catastrophiques pour tous  », a averti la cheffe de la diplomatie européenne.

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves le Drian a lui insisté sur la nécessité de permettre à l’Iran de continuer à vendre son pétrole. « L’UE et les autres signataires de l’accord conclu avec Téhéran en 2015, la Chine et la Russie, cherchent un mécanisme financier permettant de garantir à l’Iran la capacité d’exporter son pétrole », a-t-il souligné.

Le secteur de l’énergie a fourni 50 milliards de dollars de recettes à l’Iran en 2017, des ressources qui proviennent essentiellement du pétrole. D’après les données européennes, l’Iran exporte 3,8 millions de barils de pétrole par jour. 20 % sont achetés par l’UE et 70 % par la Chine et d’autres pays d’Asie.

Dans le cadre des nouveaux mécanismes de transactions qui sont actuellement en train d’être mis en oeuvre par les services du commissaire à l’Energie Miguel Arias Canete, des propositions sont attendues. L’euro et non plus le dollar devrait être la devise utilisée pour les transactions sur le pétrole iranien, réglées via des transferts entre les banques centrales européennes et la banque centrale iranienne.

Avec AFP

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