crise financière
Georges Ugeux. LP/Philippe Lavieille

L’ex-numéro deux de Wall Street annonce un « tsunami » financier

L’ancien vice-président de la Bourse de New York tire la sonnette d’alarme. Selon lui, les Etats endettés doivent se préparer à vivre une crise financière mondiale sans précédent d’ici fin 2020.

« C’est une mise en garde et une alerte en bonne et due forme. L’ancien numéro deux de la Bourse de New York Georges Ugeux craint le pire », explique le magazine français Capital. Interrogé par Le Parisien, le chef de la société de conseil Galileo Global Advisors annonce une crise financière encore plus brutale et dévastatrice que celle qui a secoué le monde en 2008. Il en analyse les causes et ressorts dans son dernier ouvrage « La Descente aux enfers de la finance ». Cette fois-ci, ce ne sont pas les placements des banques qui seraient mis en cause, mais les Etats industrialisés dont l’endettement est subtantiel. M. Ugeux estime que les Etats ont pu emprunter à des conditions « excessivement favorables » et « ne s’en sont pas privés ».

« Des pays comme l’Italie, la France, les Etats-Unis et le Japon sont arrivés à un niveau d’endettement qui n’est plus soutenable », explique-t-il, précisant que « le montant de la dette publique mondiale s’élève désormais à 63 000 milliards de dollars ». Or au fur et à mesure que les taux d’intérêt augmentent, « les déficits budgétaires augmentent et menacent la notation de ces pays et leur capacité à se refinancer sans exploser ».

Un emballement de la dette publique qui devrait entraîner « d’ici à fin 2020 un tsunami financier ». Georges Ugeux va plus loin. Pour lui, « ce qui est arrivé à Lehman Brothers, c’est lilliputien à côté de ce qui nous attend ! ». Cette crise, « les banques centrales et les gouvernements vont peut-être la déclencher par leur action ». « En se rendant compte de la dangerosité et du niveau de leurs emprunts d’Etat, certains de ces acteurs risquent de commencer à les vendre et lancer la spirale qui va faire grimper les taux d’intérêt et on connaît la suite », dit-il encore au journal français Le Parisien. Il estime que les banques centrales « doivent absolument arrêter progressivement d’emprunter de l’argent facile ». L’ex-numéro deux de la Bourse de New York invite ainsi les gouvernements à adopter une discipline budgétaire plus rigoureuse.

Perversion du capitalisme

M. Ugeux évoque aussi une « perversion du capitalisme » où « les entreprises parviennent à faire faire aux Etats à peu près ce qu’elles veulent alors qu’elles contribuent peu aux besoins de l’Etat ».

Analysant le mouvement social français des Gilets jaunes, il explique que la classe moyenne française dans son intégralité « se sent complètement déconnectée », « que son vote ne sert à rien », « que le président, élu théoriquement d’un gouvernement de gauche, mène une politique de droite ». « Si le citoyen a le sentiment que le système fiscal est inéquitable, il devient désespéré et c’est ce à quoi on assiste avec la crise des Gilets jaunes », relève-t-il.

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Quelle solution face à cette crise financière à venir ? « Tester la hausse graduelle des taux d’intérêt comme l’ont fait les Etats-Unis pour sortir d’urgence des taux d’intérêt négatifs » selon ce licencié belge en Sciences économiques à l’Université catholique de Louvain. Une mesure qui selon lui n’aurait « aucun impact sur la décision d’un chef d’entreprise ou d’un ménage d’investir ».

N.B., avec Capital et Le Parisien

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