Photo : AFP

Liban : Saad Hariri annonce sa démission

Le premier ministre libanais, Saad Hariri, a annoncé mardi 29 octobre qu’il allait présenter la démission de son gouvernement. Une décision qui tombe au 13e jour d’un soulèvement populaire marqué par de nouveaux heurts dans les rues de Beyrouth.

Son intervention a été accueillie par des foules compactes qui l’écoutaient en direct dans plusieurs lieux de rassemblement, avant que ne retentisse l’hymne national, repris avec des cris de joie par les manifestants. Des feux d’artifice ont été aussitôt tirés dans Beyrouth tandis que des voitures sillonnaient la ville klaxons hurlants en signe de victoire, indique un reporter de l’AFP.

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« Je suis arrivé à une impasse », dit Hariri

M. Hariri, 49 ans, a indiqué qu’il allait se rendre au palais présidentiel de Baabda pour présenter cette démission décidée « face à la volonté de nombreux Libanais qui sont descendus dans la rue pour réclamer le changement ». Cette décision intervient quelques heures après une violente attaque de partisans du Hezbollah et d’Amal contre les manifestants dans le centre-ville de Beyrouth,  précise le quotidien libanais l’Orient-Le Jour.

 

Rappelant que les Libanais attendent depuis 13 jours un règlement politique mettant un terme à l’effondrement économique, le premier ministre a assuré avoir « essayé durant cette période de trouver une sortie de crise » qui puisse répondre aux revendications du peuple tout en préservant le pays « des dangers sécuritaires et économiques ». « Mais je suis arrivé aujourd’hui à une impasse », a-t-il reconnu.

« Les postes ne sont pas permanents, l’important c’est la dignité et la sécurité du pays et personne n’est plus grand que le pays, a dit M. Hariri lors de son allocution. J’appelle toutes les parties à faire primer l’intérêt et la sécurité du Liban et à empêcher un effondrement économique. » Et de lancer : « A mes partenaires politiques, je dis que notre responsabilité aujourd’hui est de voir comment protéger le Liban et empêcher que le feu ne l’atteigne. Il existe aujourd’hui une opportunité sérieuse qu’il ne faut pas perdre. »

La démission du gouvernement n’implique pas des élections anticipées : selon la Constitution libanaise, si le président de la République accepte le départ de Saad Hariri, il peut charger une autre personnalité sunnite de former un gouvernement.

Les protestataires réclament pourtant un changement radical : celui de toute la classe politique. Ainsi que la nomination d’un gouvernement de transition, constitué de technocrates, et l’annonce d’élections anticipées. Estimant que le partage du pouvoir sur une base confessionnelle est dépassé, les manifestants sont ainsi favorables à un changement en profondeur du système politique libanais.

Heurts à Beyrouth

Juste avant son discours, des heurts avaient éclaté à Beyrouth où des dizaines d’assaillants ont détruit des tentes installées par des manifestants. Il s’agit de partisans du Hezbollah et du mouvement Amal, identifiés par les médias locaux. Après avoir affronté des manifestants qui bloquaient certains axes de la capitale, ils ont détruit et incendié les tentes montées sur la place des Martyrs, place forte du soulèvement populaire.

Ces derniers avaient fait preuve dimanche d’une démonstration inédite de force et d’unité en formant une chaîne humaine du nord au sud du pays, sur 170 km de long. Les observateurs pointent un symbole d’unité et une mobilisation sans précédent, par son ampleur et son harmonie, dans l’histoire du Liban.

La colère des manifestants a explosé le 17 octobre après l’annonce d’une nouvelle taxe sur les appels effectués via la messagerie gratuite WhatsApp. La rapide annulation de la mesure n’a pas empêché la révolte et la colère de gagner l’ensemble du pays. La foule réclame sans discontinuer une démission en bloc d’un gouvernement jugé incompétent et corrompu.

N.B., avec Le Monde, AFP et OLJ

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