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Libération revient sur la production pétrolière, le gaz de schiste et la pénurie d’eau en Tunisie

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Dans un article exhaustif qui a pris comme point de départ le vote des députés tunisiens en faveur de l’attribution de deux permis de recherche et de prospection d’hydrocarbures à deux sociétés étrangères, le journal Libération est revenu sur la situation de la production pétrolière en Tunisie, la polémique autour du gaz de schiste et les conséquences sur l’environnement en relation avec la pénurie de l’eau.
En effet, les députés ont voté l’attribution des permis aux sociétés YNG Energy Limited (Singapour), et Mazarine Energy (Pays-Bas). Il s’agit de l’application de l’article 13 de la constitution qui accorde aux élus du peuple d’approuver (ou non) les conventions relatives à l’exploitation du pétrole. Ce vote a été qualifié de « moment historique » puisqu’il consacre le principe de la transparence et » tend à lutter contre la corruption dans le domaine de l’Energie ». A ce propos, Mohamed Ali Khelil, directeur général des stratégies et des veilles au ministère de l’Energie, a indiqué que : « Notre taux d’indépendance énergétique n’est que de 59%, nous devons importer ».

Wissem Heni, représentant de NRGI en Tunisie a à son tour affirmé : «Il y a une absence de transparence dans le processus d’octroi des permis de recherche et il n’existe pas de publication de rendement par gisement».

Pour rappel, en 2010, la production était estimée à 88 000 barils, aujourd’hui, elle est seulement de 32 000 barils. Toutefois, l’Entreprise tunisienne d’activités pétrolières (ETAP), la compagnie nationale responsable de l’exploration et de la commercialisation du pétrole et du gaz, est souvent accusée de » manque de transparence ».

En juillet 2017, un rapport de NRGI est parvenu à la conclusion que les tunisiens ne bénéficiaient pas comme il se doit des richesses pétrolières. Dans ce contexte, Kais Mejri, ancien directeur général au ministère de l’Energie a déclaré : «Sur le terrain, et par manque de moyens de la DGE (Direction générale de l’énergie), le suivi des activités de recherche et de l’exploitation des concessions est assuré, quasi exclusivement, par les experts de l’ETAP, ce qui est, non seulement insuffisant, mais contraire au code des hydrocarbures : l’ETAP ne peut pas être juge et partie puisqu’elle est, aussi, co-titulaire du titre d’hydrocarbure avec la société étrangère».

Cette situation facilite la corruption contre laquelle le gouvernement mène une lutte acharnée. En effet, le pays a entrepris des démarches pour l’intégration de l’EITI (l’organisation Initiative pour la transparence dans les industries extractives) pour une gestion étudiée selon des normes mondiales des ressources extractives.

Par ailleurs, le secteur pose un autre problème en relation avec l’écologie et les nappes d’eau : «Sur le site de Bir Ben Tartar [exploité par la société indonésienne Medco, ndlr], ils font de la fracturation hydraulique. C’est sur un puits d’hydrocarbure conventionnel… C’est légal, mais ça pollue la nappe phréatique presque autant que le gaz de schiste.» A souligné Ayman Latrech, représentant de la Coalition nationale pour la transparence dans l’énergie et les mines à Tataouine.

Ce problème prend des proportions particulièrement inquiétantes quand on sait que la Tunisie figure dans la liste des 33 pays menacés de pénurie d’eau d’ici 2040, établie par l’organisation mondiale de recherche World Resources Institute.

Ayman Latrech espère,avec le poids de l’Assemblée, parvenir à une interdiction formelle de recherche et d’extraction du gaz de schiste. A noter que l’Etat a lancé une étude à l’échelle nationale sur l’impact de ce gaz sur l’environnement qui influencera la décision politique sur le gaz de schiste.
N.B

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