Tripoli

Libye : au moins 27 morts en trois jours de combats près de Tripoli

Des diplomates américains, français, italiens et britanniques ont exprimé jeudi dans une déclaration conjointe leur préoccupation au sujet des combats ayant récemment eu lieu dans la capitale libyenne de Tripoli et ses alentours.

Au moins 27 personnes ont été tuées, dont une majorité de civils, en trois jours de combats au sud de la capitale libyenne. Des affrontements qui ont marqué hier jeudi une pause après l’annonce d’un accord de cessez-le-feu. Les combats avaient éclaté lundi dans les banlieues sud de la capitale et se sont poursuivis jusqu’à mercredi soir malgré une première trêve annoncée mardi. Selon le ministère de la Santé, en plus des 27 personnes tuées au cours de ces combats, 91 autres ont été blessées, dont la plupart sont des civils.

Fayez al-Sarraj appelle à un respect du cessez-le-feu

Si une pause dans les affrontements était observée jeudi après l’annonce d’un accord de cessez-le-feu par des responsables des villes de l’ouest du pays, « il n’était pas clair si les deux camps rivaux allaient continuer à le respecter », explique AFP. Jeudi, Fayez al-Sarraj, le chef du gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale, a chargé des forces des régions ouest et du centre du pays de veiller au respect du cessez-le-feu et de garantir le retrait des deux camps rivaux des lignes de front et le « retour de la vie normale » dans les quartiers touchés.

Ces forces devraient être composées essentiellement de puissants groupes armés des villes de Misrata et Zenten (ouest), qui dépendent techniquement du ministère de la Défense du GNA. Selon les dires de M. Sarraj, également « chef suprême de l’armée libyenne », ces unités militaires devraient quitter la capitale au terme de leur mission, prévue fin septembre. Les milices de Zenten et Misrata se partageaient la capitale depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011 jusqu’à 2014 quand une coalition de milices essentiellement de Misrata s’était emparée de la ville.

Les combats ont opposé depuis lundi des milices tripolitaines loyales au GNA à la « 7e brigade », un groupe armé venu de la ville de Tarhouna (60 km au sud-est de la capitale) qui disait dépendre du ministère de la Défense du GNA. Dans un discours télévisé, M. Sarraj a assuré jeudi que ce groupe ne dépendait plus du ministère de la Défense depuis avril dernier.

Les Occidentaux font par de leur « préoccupation »

Dans une déclaration conjointe, les ambassades des Etats-Unis, de la France, de l’Italie et du Royaume-Uni ont souligné jeudi leur préoccupation « par les combats ayant eu lieu récemment à Tripoli et dans ses alentours, qui déstabilisent la situation et mettent en péril la vie de populations civiles innocentes ». « Nous mettons en garde contre toute nouvelle aggravation de la situation et appelons toutes les parties à travailler ensemble pour rétablir le calme et entamer un dialogue pacifique ».

« Les personnes qui nuisent à la paix, à la sécurité et à la stabilité de la Libye devront rendre des comptes », ont mis en garde les quatre puissances occidentales. Depuis 2011, la capitale libyenne est au cœur d’une lutte d’influence entre milices en quête de pouvoir. Les autorités de transition successives, dont le GNA, ont été incapables de mettre en place et de former une armée et des forces de sécurité régulières et ont été contraintes de compter sur des milices informelles pour assurer la sécurité de la ville. Durant l’été 2017, les milices pro-GNA ont réussi à chasser plusieurs groupes rivaux de Tripoli. Depuis, les affrontements se sont raréfiés. En mai, les principaux protagonistes de la crise libyenne, dont M. Sarraj et le maréchal Haftar, homme fort de l’Est où il a constitué une autoproclamée armée nationale libyenne (ANL), se sont engagés à Paris à organiser des élections législatives et présidentielle en décembre. Mais des analystes estiment que la fragmentation du pays, l’insécurité et l’absence à Paris de certains acteurs influents sur le terrain rendent cette échéance difficile à tenir.

Avec AFP

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