Ons Jabeur à l'Australian Open. Photo : AFP

Lina Ben Mhenni, Kaïs Saïed, « deal du siècle »… L’essentiel de l’actualité nationale de la semaine

La prouesse de la joueuse tunisienne de tennis Ons Jabeur a suscité un véritable élan d’espoir et de fierté en Tunisie. Le pays a dans le même temps été ébranlé cette semaine par la perte d’une figure importante de la société civile, Lina Ben Mhenni, blogueuse et militante des droits de l’homme décédée des suites d’une longue maladie. L’Assemblée des représentants du peuple a pour sa part fermement condamné l’accord « du siècle » présenté par Donald Trump lundi 27 janvier et censé proposer un règlement du conflit entre Palestiniens et Israéliens. Retour sur une semaine forte en émotions en Tunisie.

La Tunisie sous le choc du décès de Lina Ben Mhenni

La blogueuse et militante de la société civile tunisienne Lina Ben Mhenni, figure importante des événements de 2011 et au-delà, est décédée lundi à l’âge de 36 ans. Victime d’une longue maladie chronique, elle animait le blog « atunisiangirl » dans les colonnes duquel elle dénonçait régulièrement la politique autoritaire de l’ancien régime. Ses activités de cyberdissidente ont eu des retombées mondiales. Comme le rappelle France 24, son nom avait même « circulé pour le Nobel de la Paix, fin 2011 ». Dans le cadre des articles qu’elle postait dans son blog, elle se rendait régulièrement dans les villes défavorisées de l’intérieur du pays.

Coronavirus en Tunisie : des mesures préventives

Des mesures préventives ont été établies par le ministère de la Santé dans les établissements de santé publics. Ces mesures s’appliquent désormais aussi aux cliniques privées, a déclaré jeudi Chokri Hammouda, directeur des soins de santé de base au ministère de la Santé.

Conduite à tenir devant un cas suspect «2019-nCoV»

Publiée par ‎Ministère de la santé وزارة الصحة‎ sur Vendredi 31 janvier 2020

M. Hammouda a déclaré à l’agence TAP qu’aucun cas confirmé d’atteinte par ce virus n’a pour l’instant été signalé parmi les voyageurs tunisiens ou étrangers, y compris ceux en provenance de Chine. Le ministère dit suivre le plan d’action qui a été développé dans le but d’identifier les cas suspects et de mettre en œuvre des mesures de surveillance et de prévention dans différentes régions du pays. Depuis l’apparition de l’épidémie du coronavirus en Chine, le ministère tunisien de la Santé a développé un plan de prévention comprenant des équipements installés dans les aéroports, les ports et les postes frontaliers.

Ons Jabeur : le tennis tunisien à son plus haut niveau

Elle est la première joueuse du monde arabe à atteindre les quarts de finale d’un Grand Chelem. Elle a été éliminée mardi en quarts de finale de l’Open d’Australie, mais peut néanmoins être fière d’avoir accompli une telle prouesse, suscitant la joie de tous les Tunisiens. Le président tunisien Kaïs Saïed l’a ainsi félicitée par téléphone.

https://twitter.com/Ons_Jabeur/status/1221363912836173824

Son parcours à l’Open d’Australie a été jalonné de succès notables : au 1er tour, elle a battu Johanna Konta (GBR/N°12) 6-4, 6-2. Au second, elle s’est imposée face à Caroline Garcia (FRA) 1-6, 6-2, 6-3. Au troisième tour, elle a éliminé Caroline Wozniacki (DAN 7-5, 3-6, 7-5). Arrivée en huitièmes de finale, elle affronte et évince Wang Qiang (CHI/N°27) 7-6, 6-1. Enfin, en quarts, elle est battue par Sofia Kenin (USA/N°14) 4-6, 4-6. La jeune et prometteuse Ons Jabeur s’est lancée dans le tennis dès l’âge de trois ans à Hammam Sousse. En 2011, alors qu’elle était âgée de 16 ans, elle commence à jouir d’une certaine renommée en remportant le tournoi juniors de l’illustre Roland-Garros. En 2017, c’est également à Roland-Garros qu’elle réalise sa meilleure performance dans un tournoi de Grand Chelem, en devenant par la même occasion la première femme issue d’un pays arabe à se qualifier pour le troisième tour d’un Grand Chelem. Elle avait alors battu la Slovaque Dominika Cibulková, alors 7e mondiale.

L’Assemblée des représentants du peuple dénonce le « deal du siècle » américain

La veille, l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a fermement condamné dans un communiqué le plan de paix du président américain Donald Trump. Le Parlement tunisien a qualifié cet accord de « discriminatoire » allant à l’encontre du droit international. Pour rappel, le président américain Donald Trump a révélé mardi le contenu de l’accord, présenté comme un plan de paix pour le Moyen-Orient.

https://twitter.com/RadioMosaiqueFM/status/1222589863448301568

Or il impose notamment un contrôle israélien sur al-Qods. « Pour la première fois, un président américain reconnaît la souveraineté israélienne sur les colonies implantées en Cisjordanie, niant le droit international. Il officialise le contrôle israélien sur une partie de la Cisjordanie et sur Jérusalem Est selon la politique du fait accompli », comme le souligne le magazine d’analyse Les Clés du Moyen-Orient.

Surtout, comme le fait remarquer Le Nouvel Observateur, aucun responsable palestinien n’a été convié à Washington pour prendre part aux discussions définissant ce « deal » avec l’administration américaine. « Lundi, le président Abbas a d’ailleurs refusé un appel de son homologue américain afin de ne cautionner d’aucune sorte cet « accord du siècle » », indique le journal français. Fermement rejeté par les Palestiniens, le plan de Donald Trump « aligne totalement les Etats-Unis sur l’acharnement israélien – dont tous ses principaux partis politiques font preuve depuis de nombreuses décennies – pour jeter les bases d’un apartheid permanent dans les territoires occupés », écrit Chronique de Palestine.

« La Palestine n’est pas une ferme ou un jardin », dit Kaïs Saïed

Le président Kaïs Saïed, fervent pro-palestinien, a déclaré que la Palestine n’était « pas une ferme ou un jardin » devant faire l’objet d’un accord, faisant référence au plan américain censé mettre fin au conflit israélo-palestinien et souvent présenté comme étant « l’accord du siècle ». Pour le président, la Tunisie est « totalement opposée » à la violation des droits légitimes et naturels dont doivent bénéficier les Palestiniens. Dans un entretien donné à la chaîne Wataniya 1 pour marquer ses 100 jours au pouvoir, il a estimé que la Palestine vivait la principale injustice des XXe et XXIe siècles et qu’une normalisation avec l’entité sioniste était inenvisageable.

L’interview a également été l’occasion pour le chef de l’Etat de se féliciter de sa rencontre avec des chefs tribaux libyens et des représentants d’associations libyennes. Il a indiqué avoir reçu des messages de personnalités de l’ouest de la Libye lui demander de poursuivre sur la voie de la promotion du dialogue entre les parties libyennes en vue de mettre fin à la crise et de trouver une solution politique légitime.

Lors de son déplacement en Algérie, premier pays où se rend le président depuis son investiture, une initiative tuniso-algérienne devrait être mise en place afin de convenir d’une proposition d’issue à la crise libyenne. « Nos deux pays souhaitent voir la situation se stabiliser en Libye où la crise affecte toute région », a-t-il indiqué.

N.B.

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