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En 2016, Hafsat Abiola reçoit à Washington le prix du Citizen Diplomat of the Year. (ZACH GIBSON / AFP)

Pour l’ONG Women in Africa, le développement de l’Afrique passe par les femmes

Cette ONG constitue la première plateforme digitale pour accompagner les femmes africaines dans leurs activités au service du développement économique. A sa tête, la Nigériane Hafsat Abiola, pour qui le rôle de moteur économique de l’Afrique pourrait être assumé par les femmes, capables d’assurer le renouveau du continent.

« Nous catalysons les idées, les énergies et les moyens d’action. Nous révélons et soutenons les talents », explique ainsi l’organisation Women in Africa (WIA) sur son site. Nous sommes « le premier réseau de personnalités et d’expertise pour l’empowerment des femmes dans les 54 pays d’Afrique », avance encore l’organisation.

France Info explique que la plateforme a été créée par une française, Aude de Thuin, « qui était déjà à l’initiative du Women’s Forum for the Economy and Society (créé en 2005). L’idée de base est que l’Afrique sera le continent du XXIe siècle et que les femmes y joueront un rôle prépondérant ». Le site français rappelle que les chiffres le démontrent déjà, selon WIA. « L’Afrique serait le premier continent de l’entrepreneuriat féminin » car les femmes y « produisent 62 % des biens économiques » et qu’une femme sur quatre y a déjà créé sa propre entreprise.

27 ambassadrices

Le développement économique que l’organisation souhaite assurer s’appuie sur un réseau de 27 ambassadrices occupant des postes stratégiques dans divers pays d’Afrique, mais aussi ailleurs dans le monde. Outre la fonction de mise en relation et de développement de réseaux propre à ce genre d’organisations, WIA se veut une plateforme de formation au service des jeunes entrepreneures qui n’auraient pas encore toutes les connaissances requises en matière d’entrepreneuriat.

En 2018, la fondatrice Aude de Thuin a par exemple passé le flambeau de WIA à une Africaine, Hafsat Abiola. « La Nigériane de 44 ans n’est pas une spécialiste de l’entreprise. En revanche, la défense des droits humains n’a aucun secret pour elle », explique France Info, qui précise que Mme Abiola a vécu une tragédie familiale. « Son père, Moshood Abiola, est jeté en prison en 1993 à l’issue d’un énième coup d’Etat militaire faisant suite à des élections qu’il avait gagnées. Il y finira ses jours et son épouse sera assassinée lors d’une manifestation réclamant sa libération. » Ce drame familial a poussé Hafsat Abiola à militer pour les droits de l’homme en fondant notamment une organisation pour promouvoir la démocratie dans son pays, la Kudirat Initiative for Democracy (Kind).

Une détermination qui lui a valu des récompenses : en 2000, au sommet de Davos, elle a ainsi été propulsée « leader mondial de l’avenir ».

Aujourd’hui, elle estime que la femme africaine peut sauver le continent africain du sous-développement. « Que les femmes s’impliquent plus. On leur demande de prendre des risques, les hommes comprennent qu’ils vont perdre de leur pouvoir. On doit avancer en groupe, être plus présentes, soutenir les femmes », explique-t-elle à TV5.

« Beaucoup d’espoir, de vœux, mais dans la pratique, pour un vrai développement de l’Afrique, il faudra sortir de cet entre-soi qui met surtout en relation les élites entre elles », analyse toutefois France Info.

N.B., avec France Info

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