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L’ONU demande à la Jordanie d’ouvrir ses frontières aux Syriens fuyant les violences

La province du sud de la Syrie a encore été le théâtre d’un déluge de feu jeudi 5 juillet dans les zones rebelles contre lesquelles le gouvernement de Bachar al-Assad et son allié russe multiplient les bombardements après l’échec des négociations avec la délégation des opposants syriens. L’ONU a demandé aux autorités jordaniennes d’ouvrir leurs frontières aux Syriens fuyant les violences et massés près de la frontière avec la Jordanie.

« Plus de 270 000 Syriens ont fui l’offensive de l’armée syrienne sur la région de Deraa », a confirmé l’ONU mardi 3 juillet à Genève. Selon l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), des dizaines de milliers de civils ont notamment trouvé refuge près du poste-frontalier de Nassib, aux portes de la Jordanie.

« Près de 40 000 Syriens se sont massés près de la frontière avec la Jordanie, qui héberge d’ores et déjà sur son territoire 650 000 réfugiés syriens », a indiqué un porte-parole du HCR, André Mahecic, lors d’un point de presse au Palais des Nations. « Nous invitons le gouvernement jordanien à maintenir sa frontière ouverte, et demandons aux autres pays de la région de recevoir les civils qui fuient » les violences, a déclaré une porte-parole du Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH), Liz Throssell.

« L’opposition souhaite que les habitants de Deraa soient épargnés par les frappes aériennes »

« RFI » rapporte que mercredi, au point de passage tenu par les Nations unies, « des dizaines de femmes, d’enfants et de personnes âgées se sont mobilisés » en scandant « aidez-nous, sauvez-nous » à l’attention de la communauté internationale. « Elles ont brandi des affiches sur lesquelles était écrit ‘Nous demandons la protection des Nations unies’ ou encore ‘Stop à l’offensive barbare du régime et de son allié russe’ », écrit encore le média français.

Mais après avoir annoncé un retrait définitif des négociations avec le gouvernement syrien, les rebelles évoquent désormais une possible reprise des négociations qui pourrait se tenir vendredi. « L’opposition souhaite que les habitants de Deraa soient épargnés par les frappes aériennes et c’est seulement pour cette raison qu’elle accepte de s’asseoir à la table des négociations avec les Russes », a expliqué un militant de l’opposition syrienne à « RFI ».

Depuis le début de l’offensive contre Deraa, près de la moitié des 300 000 déplacés ont tenté leur chance à la frontière jordanienne, sans succès. « Il n’est pas question de laisser une nouvelle vague de réfugiés syriens entrer sur notre territoire », a précisé le chef de la diplomatie jordanienne, Ayman Safadi. En cause, les ressources limitées du royaume hachémite, qui accueille déjà 650 000 réfugiés syriens. « Malgré cela, Amman a envoyé des convois d’aide humanitaire aux milliers de familles syriennes bloquées à l’entrée du pays », précise toutefois « RFI ».

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